V. 13 et suiv. Imité d'Horace, Orf., I, v
Heul quoties fidem
Mutatosque deos flelMt, et aspera fiigris 9Bquora Yentis Emirabitur insolens!
Qui nunc te fruilur credulus aurea ; I Qui semper vacuam, semper amabilem
Sperat, nescius auras Falîaicis ! Miseri quibus Intentata niles!. .
Y. 23. Éd. 1836 ; •
Et d'écueil en écueil portera ses douleurs. I
V. 25. Il y a dans ce vers une ellipse, et aux vers suiyants une confusion de rapports olans les pronoms. Cette phrase doit être comprise ainsi : Mais heureux [celui, Vami &auveur)àoiDi le zèle, au milieu du naufrage, viendra le recueillir, le pousser au rivage; endormir dans ses flancs [ceux du naufragé) le poison ennemi, réchauffer dans son sein (lesetn'de l'ami sauveur) le sein de son ami {celui du naufragé).
A LE BRUiN ET A BRAZAIS. 511
Viendra le recueillir, le pousser au rivage.
Endormir dans ses flancs le poison ennemi,
Réchauffer dans son sein le sein de son ami,
Et de son fol amour étouffer la semence.
Ou du moins dans son cœur ranimer Tespérance ! su
Qu*il est beau de savoir, digne d un tel lien,
Au repos d*un ami sacrifier le sien !
Plaindre de s*immoler l'occasion ravie,
Être heureux de sa joie et vivre de sa vie !
Si le ciel a daigné d'un regard amoureux 35
Accueillir ma prière et sourire à mes vœux. Je ne demande point que mes sillons avides Boivent Tor du Pactole et ses trésors liquides,
et de son fol araoai* (celui du naufragé) étouffer la sémencCi La pensée d'André est facile à Misir,: après avoir plaint la détresse de l'enfant sur la mer trompeuse de l'amour, il exalte le bonheur de l'ami qui sera assez heureux pour arracher l'enfant aux flots et le sauver du naufrage. «^ Yoy.i dans le Banquet ^ le pacage où Platon exalte aassi le dévouement de ceux qui comme Aloeste, Achille^ etc<, se dévouent jusqu'à la mort pour Tobjet de leur affection.
V. 29. « Étouffer la semence. > Même métaphore dans La Fontaine^ Ode pour la paix î
Étouffe tous ces travaux Et leurs semences inorlelles.
Et dans Racine, Alexandre f VI, m ;
Étonne dans mon san^ ces semences de guerre. Malherbe, p. 256, a dit, en parlant des ennemis de la France :
Harche, va les détraire, éteins^n la semence. V. 35. TibuUe, Ilï, m :
At si, pro dulci reditu, qusecumqoe voventur,
Audiat aversa non meus aure deus :
Nec me régna javant, née Lydius aurifer amnis,
Nec quas terrarum &u»iinet orbi» opes.
André, comme Horace, Orf., I, xxxi, ei passim, méprise les richesses, et il s'écrie volontiers, comme Anacréon, W, et comme Archiloque, Anal., I, p. 42 :
Ou /Ml rà r«K/tw Tov 7roÀu;f/9Û60u fiiXit.
Le Pactole, fleuve de Lydie, est célèbre Midas, Gygès, Crésus sont connus par leurs richesses, qu'ils tiraient delà.
Ni que le diamant, sur la pourpre enchaîné,
Pare mon cœur esclave au Louvre prosterné, lo
Ni même, vœu plus doux ! que la main d'Uranie
Embellisse mon front des palmes du génie ;
Mais que beaucoup d'amis, accueillis dans mes bras,
Se partagent ma vie et pleurent mon trépas ;
Que ses doctes héros, dont la main de la Gloire 4:
A consacré les noms au temple de Mémoire,
Plutôt que leurs talents, inspirent à mon cœur
Les aimables vertus qui firent leur bonheur ;
Et que de Tamitié ces antiques modèles
Reconnaissent mes pas sur leurs traces fîdèles. bc
Si le feu qui respire en leurs divins écrits
D'une vive étincelle échauffa nos esprits ;
Si leur gloire en nos cœurs souffle une noble envie.
Oh ! suivons donc aussi l'exemple de leur vie :
Gardons d'en négliger la plus belle moitié ; 5b
Soyons heureux comme eux au sein de l'amitié.
Horace, loin des flots qui tourmentent Cythère,
Y retrouvait d'un port l'asile salutaire ;
Lui-même au doux Tibulle, à ses tristes amours,
Prêta de l'amitié les utiles secours 60
L'amitié rendit vains tous les traits de Lesbie;
Elle essuya les yeux que fit pleurer Gynthie.
V. 45-64. Tout ce passage, en y joignant les vers 95 et 96, nous pttrait ayoir étc inspiré directement par ce passage du Discours yrélimitiaire qui est en tète de la tragédie à*Alzire * < Virgile, Yarius, PoUion, Horace, Tibulle étaient amis ; les monuments de leur amitié subsistent et apprendront à jamais aux hommes que les esprits supérieurs doivent être unis. Si nous n'atteignons pas à leur génie, ne pouvons-nous avoir leui*s vertus? Ces hommes sur qui Tunivers avait les yeux, qui avaient à se disputer l'admiration de l'Asie, de l'Afrique et de l'Europe, s'aimaient pourtant et vivaient en frères. »