‹ Poésies de André ChénierChapitre 327 sur 418 · V. 130. Dans son Histoire de l'astronomie · texte numérisé non relu

V. 130. Dans son Histoire de l'astronomie

V. 140. Ce passage témoigne des projets épiques d'André. FayoUe a Ait avoir vu parmi les manuscrits le plan d'un poème sur la conquête du Pérou ; c'est probablement le poème de V Amérique, qui devait atqîr trois chants et comprendre toute l'histoire des découvertes et des conquêtes dans le nouveau monde, mais dont André ne poussa pas. très-loin l'exécution.

Et ces mêmes objets, que vos doctes mépris

Accueillent aujourd'hui d'un front dur et sévère,

Alors à vos regards auraient seuls droit de plaire.

Alors, dans l'avenir, votre inflexible humeur

Aurait soin de défendre à tout jeune rimeur 150

D'oser sortir jamais de ce cercle d'images

Que vos yeux auraient vu tracé dans leurs ouvrages.

Mais qui jamais a su, dans des vers séduisants.

Sous des dehors plus vrais peindre l'esprit aux sens?

Mais quelle voix jamais d'une plijs pure flamme iss

Et chatouilla l'oreille et pénétra dans l'âme? "

Mais leurs mœurs et leurs lois, et mille autres hasards,

Rendaient leur siècle heureux plus propice aux beaux-arts^

Ëh bien ! l'âme est partout ; là pensée a des ailes.

Volons, volons chez eux retrouver leurs modèles ; leo

Voyageons dans leur âge, où, libre, sans détour.

Chaque homme ose être un homme et penser au grand jour.

Au tribunal de Mars, sur la pourpre romaine,

V. 448. Horace, repi'ochant aussi aux Romains de ne permettre i*audace poétique qu^aux anciens, Ep, ad Pis., 53 :

^ Quid aulein ?

Cscilio Plautoque dabit Romaniis, ademptum Virgilio, Varioque?

V. 163 et 8uiy. Tout le passage qui suit est imité de Pétrone, Satyr., Y :

Sed sive armigerœ rident Tritonidis arces, Seu LacedaBmonio tellus faabitata colono, Sirenumque domus, dot primes versibus annos, Maeoniumque bibat felici peclore fontem ; Mox et Socratico plenus grege mittat habenas Liber, et ingentis quatiat Demosthenis arma. Hinc Romana manus circumfluat, et modo Graio Exonerata sono, rautet suffusa saporem.

Interdum subducta foro det pagina cursum, Et cortina sonet céleri distincta meatu. Dent epulas et bella truci memorata canore : Grandiaque indomiti Ciceronis verba minentur. His animqm succinge bonis, sic flumine largo Plenùs, Pierio defundes pectore verba.

Relira dans Longin, du Subi., les chapitres x et lu, qui traitent à% 1 imi tation et de la manière d*imiter. -

Là, du grand Gicéron la vertueuse haine

Écrase Cétbégus, Catilina, Verres ; 1C5

Là tonne Démostbène ; ici de Périclès

La voix, Fardente voix, de tous les cœurs maîtresse,

Frappe, foudroie, agite, épouvante la Grèce.

Allons voir la grandeur et l'éclat de leurs jeux.

Ciel ! la mer appelée en un bassin pompeux ! 179

Deux flottes parcourant cette enceinte profonde,

Combattant sous les yeux des conquérants du monde 1

0 terre de Pëlops ! avec le monde entier

Allons voir d'Épidaure un agile coursier,

Couronné dans les champs de Némée et d'Ëlide ; 175

Allons voir au théâtre, aux accents d'Euripide,

D*Bne sainte folie un peuple furieux

Chanter : Amour ^ tyran des hommes et des die^ix!

V. 168. G'eslle portrait qu'Aristophane, Ach., 530, nous trace de Périclès :

'£vTCû6<v 6py^ UtpuXévii oùXxtfinioç

^arpacin', i^pàvza, Çuvtxûxa riiv *EXXASa.

Cf. Diodore, XIÏ, xi; Plutarque, Périclès, VllI. — Le scholiaste cite un vers d'Eupolis remarqué par presque tous les écrivains qui ont parlé de Périclès; voy. Cicéron, Orat., XV, de Suad.; Brut., W; QuintUicn, XII, 10. — Cicéron, Orat, ad M. Brut., WW^ rappelle aussi les paroles d'Aristophane ; Aristide, Orat., 45, rapporte l'expression célèbre du poète comique Cratinus sur Périclès : « 'û lufiorn v^ûrra râv 'E/A>;vt jwv. »

Y. 170. Allusion aux naumachies romaines, jeux en honneur aous les Césars et dont parle Suétone. On y représentait fréquemment cette bataille d'Actium, si célèbre que les enfants la simulaient dan9 leurs jeux ; voy. Horace, EpU.j I, xviii, 61.

V. 174. André est exact jusque dans les moindres détails : les coursiers d'Épidaure étaient célèbres*; voy. Strabon, YIII, vni.

V. 178. Lucien, Quomod. hUt. causer. sU, I, raconte que, sous le règne de Lysimaque [301 av. J. C), à Abdère, pendant les chaleurs de la canicule, un acteur, nommé Arcbélaûs, joua V Andromède d*Euripi4c avec une telle passion que le peuple, surexcité par la poésie d'Ëuri|^ide, par le jeu de Tacteur et par les feux du soleil, sortit du théâtre anfcaîe à une frénésie qui dura tout le t?mps des dudeurs, criant et cbanlant ce vci's d'une tirade de Persée :

Puis, ivres des transports qui nous viennent surprendre, Parmi nous, dans nos vers, revenons les répandre ; iSO

Changeons en notre miel leurs plus antiques fleurs; Pour peindre notre idée empruntons leurs couleurs ; Allumons nos flambeaux à leurs feux poétiques ; Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques.

Pifez-vous qu'un objet né sur leur Hélicon 185

A seul de nous charmer pu recevoir le don ;

Que leurs fables, leurs dieux, ces mensonges futiles.

Des Muses noble ouvrage, aux Muses sont utiles;

Que nos travaux savants, nos calculs studieux.

Qui subjuguent Tesprit et répugnent aux yeux, iiH)

Athénée, XIII, i, p. 561, B, nous a conservé six autres vers. Cette pensée du reste n*appartient pas en propre i Euripide, qui l'a reproduite dans Rhèdre, selon le témoignage de Clément d'Alexandrie, Strom., VI, p. 449, E [Stobée, LXII, 25, attribue ce fragment à Sophocle) ; Clément «Alexandrie le rapproche des deux vers d'Anaci-éon, OU. LVIII :

iii xerl j3/&orov$ ^a/AscÇec.

So|^ocle l'exprime dans Antigone, 781, ainsi que dans les Colchides (Stobée, LXIlI, 6}. Et on la retrouve presque sous la même forme dans Hésiode, Théog., 121. Pétrone, Satyr., CXX, a dit de la fortune :

Remm humanarum, divinarumque poteslas.

Corneille, Hodogune, III, ii, appelle l'Amour [ce UavSa/iArùtp, comme disaient les Grecs) : a Le grand maître et des rois et des dieux. » Le Brun, Veillées du Parnasse : « Le vainqueur des héros et des dieux. i> La Fontaine avait dit, dans Psyché, I :

On le craint dans les cieux, on le craint sur la terre.

V. 184. Ce vers résume admirablement toute la pensée d'André. Aux temps héroïques de la Grèce, Homère, Odyss.y I, 351, di»itdéjà :

T19V yàp àoiSiiV /uiS>Aov intxXtlouv' ôivBpwtot, )Tt($ &xoudyTC7ffC vcurd^Tï} êr/i.finiXnT«i.

M. Sainte-Beuve, Étude sur Virgile, cite le vers d'André en en développant la pensée, et le rapproche de ces vers de Virgile, Géorg.f III, 8 .

Tentanda via est, qua me quoque possim

Tollere hume, viotorque virum volitare per ôra.

;Cf. Pindare, 01., IX, 72 ; Haniltus, Astr,, III.

Que Ton croit malgré soi, sont pénibles, austères,

Et moins grands, moins pompeux que leurs belles chimères?

Voilà ce que traités, préfaces, longs discours.

Prose, rime, partout nous disent tous les jours.

Hais enfin, dites-moi, si d'une œuvre immortelle iK)

La sature est en nous la source et le modèle,

Pouvez-vous le penser que tout cet univers.

Et cet ordre étemel, ces mouvements divers,

L'immense vérité, la nature elle-même.

Soit moins grande en effet que ce brillant système DO

Qu'ils nommaient la nature, et dont d'heureux efforts

Disposaient avec art les fragiles ressorts ?

Mais quoi! ces vérités sont au loin reculées,

Dans un langage obscur saintement recelées :

Le peuple les ignore. 0 Muses, ô Phoebus ! ttâ

C'est là, c'est là sans doute un aiguillon de plus.

L*auguste poésie, éclatante interprète,

Se couvrira de gloire en forçant leur retraite.

Cette reine des cœurs, à la touchante voix,

 le droit, en tous lieux, de nous dicter son choix, 2io

Sûre de voir partout, introduite par elle.

Applaudir à grands cris une beauté nouvelle,

Et les objets nouveaux que sa voix a tentés

Partout, de bouche en bouche, après elle chantés.

Elle porte, à travers leurs nuages plus sombres, 2i5

Des rayons lumineux qui dissipent leurs ombres,

Et rit quand, dans son vide, un auteur oppressé

Se plaint qu'on a tout dit et que tout est pensé.

Seule, et la lyre en main, et de fleurs couronnée,

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