‹ Poésies de André ChénierChapitre 339 sur 418 · III. — Il eût insisté sur les langues, sur les mots · texte numérisé non relu

III. — Il eût insisté sur les langues, sur les mots

« Rapides protées (dit-il), ils revêtent la teinture de tous nos sentiments. Ils dissèquent et étalent toutes les moindres de nos pensées, comme un prisme fait les couleurs. »

IV. — Mais les beautés d'idées ici se multiplient ; le moraliste profond se déclare et se termine en poëte :

Chant II. — Prologue. Publié par M. Egger.

IV. — La comparaison du vase corrompu est de Lucrèce, YI, 16 : Intellexit, ibi vilium vas efficere ipsum, Omniaque ilUus vitio corrumpier intus, etc.

« Les mêmes passions générales forment la constitution générale des hommes. Mais les passions, modifiées par la constitution particulière des individus, et prenant le cours que leur indique une éducation yicieuse ou autre, produisent le cnme ou la vertu, la lumière ou la nuit. Ce sont mêmes plantes qui nourrissent Tabeille ou la vipère; dans Tune elles font du miel, dans Tautre du poison. Un vase corrompu aigrit la plus douce liqueur. »

y. — « L'étude du cœur de Thomme est notre plus digne étude •

Assis au centre obscur de cette forêt sombre Qui fuit et se partage en des routes sans nombre, Chacune autour de nous s*ouvre : et de toute part Nous y pouvons au loin plonger un long regard »

Belle image que celle du philosophe ainsi dans Tombre, au carrefour du labyrinthe, comprenant tout, immobile ! Mais le poète n'est pas immobile longtemps.

VL — « En poursuivant dans toutes les actions humaines les causes que j'y ai assignées, souvent je perds le fil, mais je le retrouve :

Ainsi dans les sentiers d'une forêt naissante, A grands cris élancée, une meute pressante, Aux vestiges connus dans les zéphyrs errants,

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