‹ Poésies de André ChénierChapitre 355 sur 418 · Épilogue. — V. i et suiv. Cf. Ronsard, Am., Il, Élég, à son livre · texte numérisé non relu

Épilogue. — V. i et suiv. Cf. Ronsard, Am., Il, Élég, à son livre

Sur tout ce qui finappait ton «liaDoe attentÎTe

Donner un libre essor à ta langue naÎYe.

Plus de père aujourd'hui ! le mensonge eât puissant,

11 règne : dans ses mains luit un fer menaçant. 90

De la Téritë sainte il déteste rapproche ;

Il craint que son regard ne lui fasse un reproche ;

Que ses traits, sa candeur, sa voix, son souvenir,

Tout mensonge qu'il est, ne le fasse pâlir.

Mais la vérité seule est une, est éternelle; 25

I^e mensonge varie, et l'homme trop fidèle

Change avec lui : pour lui les humains sont constants.

Et roulent de mensonge en mensonge flottants...

Bfais quand le temps aura précipité dans Tabîme ce qui est au> jourd*hui sur le faite, et que plusieurs siècles se seront écoulés Tun sur l'autre dans Toubli, avec tout l'attirail des préjugés qui appartiennent à chacun d'eux, pour (aire place à des siècles nouveaux et à des erreurs nouvelles...

Le français ne sera dans ce monde nouveau

Qu'une écriture antique et non plus un langage. so

Oh I si tu vis encore, alors peut-être un sage.

Près d'une lampe assis, dans Tétude plongé.

Te retrouvant poudreux, obscur, demi-rongé,

Voudra creuser le sens de tes lignes pensantes :

Il verra si du moins tes feuilles innocentes 35

Méritaient ces rumeurs, ces tempêtes, ces cris

Qui vont sur toi, sans doute, éclater dans Paris ;...

alors, peutrêtre... on verra si... et si, en écrivant, j'ai connu d'autre passion

Que Tamour des humains et de la vérité! '

V. 38. [Ce vers final, qui est toute la devise, un peu fastueuse, de la philosophie du dix-huitième siècle, exprime aussi l'entière inspiration do VHermès. Saikte-Bedve.]

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