‹ Poésies de André ChénierChapitre 361 sur 418 · I. — V. 1 et suW. — Imité de Tibulle, I, iv · texte numérisé non relu

I. — V. 1 et suW. — Imité de Tibulle, I, iv

Sed te ne capiant, primo si forte negarit,

Taedia ; paullatim sub juga colla dabit. Longa dies hQmioi docuit parère leones,

Longa dies molli saxa peredit aqua.

Annus in apricis maturat coUibus uvas :

Annus agit certa lucida signa vice.

y. 4. a Ces rivales des eaux, d qui rivalisent avec les eaux pour la transparence. Voici deux vers de H. Sainte-Beuve, dans les Pensées d*aoùt, qui expliquent parfaitement la pensée d'André .

Que (tant il y verra la ressemblance entière !) L'oiseau pique au raisin ou veuille boira ft reau 1

De venir, voir et vaincre et prôner sa victoire, lo

Vole et hâte Tassant qu*il eût dû préparer.

L'imprudent a voulu cueillir avant l'automne

L'espoir à peine éclos d'une riche Pomone ;

Il a coupé ses blés quand les jeunes moissons

Ne passaient point encor les timides gazons, 15

Quand l'ardente saison fait aimer les ruisseaux,

A l'heure où vers le soir, cherchant le frais des eaux,

La belle nonchalante à l'ombre se promène.

Que sa bouche entr'ouverte et que sa pure haleine

Et son sein plus ému de tendresse et de vœux 5

Appellent les baisers et respirent leurs feux ;

Que l'amant peut venir, et qu'il n'a plus à craindre

La raison qui mollit et commence à se plaindre ;

Que sur tout son visage, ardente et jeune fleur,

î?e répand un sourire insensible et rêveur ; lo

Que son cou faible et lent ne soutient plus sa tête ;

y. 10. [CeUc réminiscence du mot de César est assez heureuse p'^utctre, mais elle a été souvent employée. Scudéry, parlant de Corneille dans sa lettre à TAcadémie, dit avec jactance : « Qu'il vienne, qu'il voie, et qu'il vainque, s'il peut. » Voltaire, dans Œdipe :

Mais Œdipe

Vint, vit ce monstre affreux, l'entendit et fut roi.

La comédie en offre plus d'un exemple. Destouches, dans la Fausse

Agnès :

Je suis venu, j'ai vu; je me suis convaincu.

B01S8ONADE.] Racine a dit, dans Bérénice, I, iv :

Titus, pour mon malheur, vint, vous vit et vous plul.

II. — Ce fragment, que l'édition 1839 avait mis dans les Fragments

d'élégies, nous a paru appartenir à VArt d'aimer,

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