V. il. « Lent, » qui ploie; Virgile, En., XI
Lenlaque colla
Et caplum Iclho posuil caput, arma relinquens.
Que ses yeux
Sous leur longue paupière à peine ouverte au jour,
Languissent moUement et sont noyés d'amour ;
Alors 15
Ainsi le jeune amant, seul, loin de ses délices,
S'assied sous un mélèze au bord des précipices.
Et là, revoit la lettre où, dans un doux ennui.
Sa belle amante pFeure et ne vit que pour lui.
Il savoure h loisir ces lignes qu'il dévore ; 5
Il les lit, les relit et les relit encore,
y. 15. Quatre vers d'Alfred de Musset [une Bonne Fortune] achèvent, chose curieuse ! ce petit tableau et complètent, d*une façon toute moderne, la pensée interrompue d'André. Âlor?... jeune amant, avance-toi vers elle et va tout simplement
Te mettre à deux genoux par terre devant elle, Regarder dans ses yeux Tazur du firmament, Et, pour toute faveur, la prier seulement De se laisser aimer d'une amour immortelle.
III. — Ce fragment terminait, dans l'édition 1839, la troisième élégie du livre II, sans qu'il fût possible de trouver un lien raisonnable entre ce fragment et l'élégie. Séparé et mis dans VArl d'aimer, il prend de suite une si;rnification, une valeur poétique qui lui est propre. — Avec quelle habileté, quelle inspiration continue André couronne de rimes une ligne de prose, l'anime, et, légère et dansante, l'introduit dans les chœurs d'Apollon ! J.-J. Rousseau avait indiqué cette situation et tracé d'un trait ce tableau qu'André revêt de si riches couleurs : tout le monde se souvient de la lettre où Saint-Preux écrit à Julie [f^ouv. HéL, IV, xvii) : a Ici je passai le torrent glacé pour reprendre une de tes lettres qu'emportait un tourbillon. » — Quelle pouvait être la pensée d'André? Peutêtre celle-ci : Au milieu de tous ces tableaux d'amour que je veux retracer, ébloui, ému moi-même, je vois ma pensée m'échapper; mais bientôt je la ressaisis : ainsi le jeune amant, etc.