V. 22. Properce, I, x
Tu cave, ne Iristi cupias pugnare puellac.
Neve superba loqui, neve tacere diu; Neu, 81 quid peliit, ingrata fronte negaris;
Neu tibi pro vano verba benigna cadant
At quo sis humilis magis et subjectus amori,
Hoc magis efTecto saepe fruare bono.
Gentil-Bernard, Art (Taimer, I :
Par son respect l'amant vrai se déclare ; C'est lui qui craint, qui se fuit, qui s'^are, Qui d'un regard fait son suprême bien, Désire tout, prétend peu, n'ose rien. . . .
Cf. J.-B. Rousseau, Adonis.
Y. 29 et 30. La phrase serait mieux construite ainsi :
Prends garde : le ramier, une fois envolé, Dans sa cage confuse est en vain rappelé.
< Canftue. » André anime la cage ; elle est confuse d'avoir laissé envoler le ramier. — Horace, ÉpU , I, xvni, 71, a dit, dans un autre ordre d'idées :
Et siemel emissuro volât irrevocahile vcrbum.
D'un ton un peu plus froid, sans aigreur, ni menace.
Dis-lui que de tes vœux son plaisir est la loi.
Va, tu n'y perdras rien, repose-toi sur moi.
Complaisance a toujours la victoire propice. 35
Souvent de tes désirs l'utile sacrifice,
Comme un jeune rameau planté dans la saison.
Te rendra de doux fruits une longue moisson.
Flore a pour les amants ses corbeilles fertiles;
Et les fleurs, dans leurs jeux, ne sont pas inutiles.
Les fleurs vengent souvent un amant courroucé,
Qui feint sur un seul mot de paraître oflensé.
Il poursuit son espiègle, il la tient, il la presse ; s
Et, fixant de ses flancs Tindocile souplesse,
D'un faisceau de bouquets en cachette apporté
Châtie, en badinant, sa coupable beauté,
La fait taire et la gronde, et d'un maître sévère
Imite avec amour la plainte et la colère ; 10
Et, négligeant ses cris, sa lutte, ses transports,
XII. — y. i. a A ses corbeilles fertiles, » latinisme dont on rencontre de fréquents exemples chez les poètes français. Malherbe, p. 146, a dit :
Et même ces canaux ont leur course plus belle Depuis qu'elle est ici.
Y. 2. N'est-ce pas là ce jeu des fleurs, prélude d'amoureux ébats, que décrit La Fontaine, Contes, II, vu :
La belle prend des fleurs qu'elle avait mises
En un monceau, les jette au compagnon
Même débat, même jeu recommence.
Fleurs de voler >
Stace, AchilL, I, 57i, dans le ravissant tableau des jeux d 'Achille et de Déidamie :
Nunc levibus sertis, lapsis nunc sponlecanistris,
Nunc tbyRio parcente ferit
Arme le fouet léger de rapides efforts,
Frappe et frappe sans cesse, et s'irrite et menace,
Et force enfm sa bouche à lui demander grâce.
Telle Vénus souvent, aux genoux d'Adonis, 15
Vit des taches de rose empreintes sur ses lis ;
Tel l'Amour, enchanté d'un si doux badinage.
Loin des yeux de sa mère, en un charmant rivage.
Caressait sa Psyché dans leurs jeux enfantins,
Et de lacets dorés chargeait ses belles mains. 20
Fontenay ! lieu qu'Amour fit naître avec la rose,
J'irai (sur cet espoir mon âme se repose).
J'irai te voir, et Flore et le ciel qui te luit.
Là je contemple enfin (ma déesse m'y suit).
Sur un lit que je cueille en tes riants asiles, 25
Ses appas, sa pudeur, et ses fuites agiles.
Et dans la rose en feu l'albâtre confondu,
Comme un ruisseau de lait sur la pourpre étendu.
V. 19. Dans le Tasse, Ger. lib,, XIV, 68, Armide enchaîne Renaud avec des fleurs :
Di ligustri, di gligli. e délie rose, Le quai fiorian per quelle piagge amené Con nov' arte congiunle indi compose Lente ma tenacissime catene.