‹ Poésies de André ChénierChapitre 390 sur 418 · A BYZANCE · texte numérisé non relu

A BYZANCE

Byzance, mon berceau, jamais tes janissaires Du musulman paisible out-ils forcé le seuil ? Vont-ils jusqu'en son lit, nocturnes émissaires, Porter l'épouvante et le deuil?

Son harem ne connaît, invisible retraite, 5

Le choix, ni les projets, ni le nom des vizirs. Là, sûr du lendemain, il repose sa tête. Sans craindre, au sein de ses plaisirs,

Que cent nouvelles lois qu'une nuit a fait naître, De juges assassins un tribunal pervers, lo

Lancent sur son réveil, avec le nom de traître, La mort, la ruine ou les fers.

Tes mœurs et ton Coran sur ton sultan farouche Veillent, le glaive nu, s'il croyait tout pouvoir, S'il osait tout braver, et dérober sa bouche 15

Au frein de l'antique devoir.

IV. — Tout ce morceau pourrait bien avoir été inspiré à André Chénier par ces ({uel({ues lignes de Voltaire dans V Histoire de Charles Xll, au commencement du livre V : « La rapacité et la tyrannie du Grand Seigneur ne s'étendent presque jamais que sur les officiers de l'empire... Le reste des musulmans vit dans une sécurité profonde, sans craindi'e ni pour leurs vies, ni pour leurs fortunes, ni pour leur liberté. »

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