‹ Poésies de André ChénierChapitre 398 sur 418 · A CHARLOTTE CORDAY · texte numérisé non relu

A CHARLOTTE CORDAY

Quoi ! tandis que partout, ou sincères ou feintes,

Des lâches, des pervers, les larmes et les plaintes

Consacrent leur Marat parmi les infmortels.

Et que, prêtre orgueilleux de cette idole vile,

Des fanges du Parnasse un impudent reptile 5

Vomit un hymne infâme au pied de ses autels;

La vérité se tait ! Dans sa houche glacée,

Des liens de la peur sa langue embarrassée

Dérobe un juste hommage aux exploits glorieux !

Vivre est-il donc si doux? De quel prix est la vie, io

Quand, sous un joug honteux, la pensée asservie.

Tremblante, au fond du cœur, se cache à tous les yeux ?

Non, non. Je ne veux point t'honorer en silence.

Toi qui crus par ta mort ressusciter la France

Et dévouas tes jours à punir des forfaits. ib

Le glaive arma ton bras, fille grande et sublime,

YIII. — On peut voir le fac-similé des trois premières strophes dans l'Histoire-Musée de la république française, par Augustin Challamel, tome II.

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