‹ Poésies de André ChénierChapitre 397 sur 418 · V. 12. Les ménades sont les fenunes des halles · texte numérisé non relu

V. 12. Les ménades sont les fenunes des halles

V. 16 et 17. Toute cette pièce est écrite en mots français et greoa souvent abrégés. Pour donner une idée de ce curieui manuscrit, M. Sainte-

Vient sourire aux succès de sa rage farouche.

Et, la soif encore à la bouche, Ruminer tout le sang dont il a bu les flots. îo

Arts dignes de nos yeux ! pompe et magnificence

Dignes de notre liberté, Dignes des vils tyrans qui dévorent la France,

Dignes de l'atroce démence Du stupide David qu'autrefois j'ai chanté. 25

a Sa langue est un fer chaud ; dans ses veines brûlées Serpentent des fleuves de fiel, o

Beuve citait ces deux vers tels qu'il se rappelait les avoir vus écrits, sur une de ces petites feuilles volantes longues et étroites dont se servait volontiers André Chénier :

Tout ce d>7/utos hbt que nul rnird ne touche Cruel même dans son vjvux*

Ainsi qu*on peut le remarquer dans cet exemple, André négligeait le plus souvent de mettre l'accent sur les mots grecs.

Y. 20. Cette hyperbole, qui naît ici du sujet lui-même, est d'une grande beauté; c'est la même que Racine, Alh,^ V, v, a employée, en parlant d'Athalie :

Ce Dieu que tu bravais en nos mains t'a livrée ; Rends-lui compte du sang dont tu t'es enivrée!

Lucain, PA., I, 550, l'a développée avec une énergie sauvage :

. . . Sullanum solilo tibi lambere ferrum Durât, Magne, sitis : nullus semel ore reoeptus Poilu las palitur sanguis mansuescere fauces.

V. 25. Écroulement des amitiés humaines 1 En 1791, André et David, célébrèrent, Tun avec sa lyre, l'autre avec ses pinceaux, le serment du Jeu de paume, saluant tous deux avec enthousiasme l'aurore de la Révolution ; en 1793, David s'est lancé dans la démagogie ardente et siège ù la Montagne : il fait de 1 epelletier le héros d'un de ses tableaux, et prête à la mort de Marat l'éclat de son talent, tandis qu'André, après s'être dévoué au salut du roi, célèbre le dévouement de Charlotte Coniay.

VII. — C'est encore à M. Sainte-Beuve que l'on doit de connaître ces beaux vers.

J*ai douze ans, en secret, dans les doctes yallées,

Cueilli le poétique miel :

Je yeux un jour ouvrir ma ruche tout entière ; s

Dans tous mes vers on pourra voir Si ma Muse naquit haineuse et meurtrière.

Frustré d*un amoureux espoir, Ârclii loque aux fureurs du belliqueux ïambe

Immole un beau-père menteur ; 10

Moi, ce u^est point au col d*un perfide Lycambe

Que j'apprête un lacet vengeur.

Ma foudre n*a jamais tonné pour mes injures.

La patrie allume ma voix ; La paix seule aguerrit mes pieuses morsures, is

Et mes fureurs servent les lois.

Contre les noirs Pythons et les hydres fangeuses,

Le feu, le fer, arment mes mains; Extirper sans pilié ces bêtes venimeuses,

C'est donner la vie aux humains. so

Y. 4. Pour la comparaison de l'abeille, voy. Élégies^ I, m, 49. Y. 11. Horace, Épod.j YI, se compare au contraire à Archiloqoe :

Qualis Lycambse spretus infido gêner Aut acer hoslis Bupalo.

Archiloque, éperdument amuureux de Néobulé, fille de Lycambe, se la vit refuser ; indigné, il couvru Lycambe d'injures dans des poésies fameoses, écrites en vers ïambiques, créant ainsi un rhythme nouveau, le belUrqueux ïambe, pour ses fureurs surbumaines.

Y. 15. « Aguerrit, » pousse à la guerre. Sa pensée est qu'il ne mord qu'en vue de la paix de sa patrie.

Y. 17. Monstres fameux dans la mythologie. V hydre surtout est employée souvent par les poètes pour désigner les ennemis du bien public. Yoy. le Jeu de Paume, au v. 336, passage où André fait hydre du masculin.

Y. 19. Le grand souvenir de Démosthène semble inspirer les fureurs patriotiques d'André, et les violentes accusations de l'orateur grec paraissent flotter dans sa mémoire. Ici, ce vers reporte involontairement au plaidoyer contre Aristogiton [vers la fin], lorsque Démosthène dit que, de même que les médecins extirpent [à-néy.o^otv) un cancer, il faut dt'^- Iruire ce sycopliante, cet homme poison et reptile (xai Tctxpw xal «x*-'

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