‹ Poésies de André ChénierChapitre 407 sur 418 · V. 15. Apres de vers il y a une lacune de quelques vdfs · texte numérisé non relu

V. 15. Apres de vers il y a une lacune de quelques vdfs

Pâtre, chiens et moutons, toute la bergerie

Ne s'informe plus de son sort.

des enfants qui suivaient ses ébats dans la plaine,

Les vierges aux belles couleurs 30

Qui le baisaient en foule, et sur sa blanche laine

Entrelaçaient rubans et fleurs, Sans plus penser à lui, le mangent s'il est tendre.

Dans cet abîme enseveli, J*ai le même destin. Je m'y devais attendre. .' S5

Accoutumons-nous à Toubli.

Oubliés comme moi dans cet aHreux repaire.

Mille autres moutons, comme moi Pendus aux crocs sanglants du charnier populaire,

Seront servis au peuple-roi. 40

Que pouvaient mes amis? Oui, de leur main chérie

Un mot, à travers les barreaux.

Eût versé quelque baume en mon âme flétrie ;

De l'or peut-être à mes bourreaux...

Mais tout est précipice. Ils ont eu droit de vivre. 45

Vivez, amis ; vivez contents.

Page 1