‹ Poésies de André ChénierChapitre 43 sur 418 · V. 146-148. Iliade, II · texte numérisé non relu

V. 146-148. Iliade, II

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Muses ! vous savez tout, vous, déesses ; et nous,

Mortels, ne savons rien qui ne vienne de vous. »

> Il poursuit ; et déjà les antiques ombrages

Mollement en cadence inclinaient leurs feuillages ; iso

Et pâtres oubliant leur troupeau délaissé,

Et voyageurs quittant leur chemin commencé.

Couraient. Il les entend, près de son jeune guide,

L*un sur l'autre pressés, tendre une oreille avide ;

Et nymphes et sylvains sortaient pour Tadmirer, 155

Et Técoutaient en foule, et n'osaient respirer ;

Car en de longs détours de chansons vagabondes

Il enchaînait de tout les semences fécondes,

Les principes du feu, les eaux, la terre et Tair,

Les fleuves descendus du sein de Jupiter, 16O

Les oracles, les arts, les cités fraternelles,

Et depuis le chaos les amours immortelles ;

D'abord le roi divin, et l'Olympe, et les cieux,

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Cf. Hésiode, Théog., 62-03. Racine, Phèdre, IV, vi, a dit : Les dieux marnes, les dieux de l'Olympe habitants.

Y. 149-160. Virgile, Égl, VI, 27.

Tum vero in numerum Faunosque ferasque videres Ludere, tum rigidas motare cacumina quercus.... Namque canebat, uti magnum per iiiane coacta Semina terrarumque animaeque marisque fuissent, Et liquidi simul ignis.

Voy. Homère, Hymne à Apollon, 514. Virgile ici s'inspire d'ÂpoUonius, qui lui-même semble s'inspirer d'Homère, Hymne à Mercure, 425. — Mais Toyez le passage de V Hermès où Ghénier s'est souvenu directement d'Apollonius. — Cf Homère, Odyssée, VIII, 107; Virgile, En., I, 740 ; Lucrèce, V, 430; Lucain, Phars., X, 104; Calpumius, ÉgL, II, 10; Macrobe, Sot., VI, 11; J. B. Rousseau, Églogues. V. 162.Virgac, Géorg.,lS, 347 :

Aque Chao denses divum numerabat amores. Voy. Iliade, XIV, 315, lorsque Jupiter énumère ses nombreuses amours.

Et le monde, ébranlés d'un signe de ses yeux,

Et les dieux partagés en une immense guerre, 163

Et le sang plus qu'humain venant rougir la terre,

Et les rois assemblés, et sous les pieds guerriers

Une nuit de poussière, et les chars meurtriers.

Et les héros armés, brillant dans les campagnes

Comme un vaste incendie aux cimes des montagnes, ito

Les coursiers hérissant leur crinière à longs flots.

Et d'une voix humaine excitant les héros ;

De là, portant ses pas dans les paisibles villes,

Les lois, les orateurs, les récoltes fertiles ;

Mais bientôt de soldats les remparts entourés, 175

Les victimes tombant dans les parvis sacrés.

Et les assauts mortels aux épouses plaintives,

Et les mères en deuil, et les filles captives ;

Puis aussi les moissons joyeuses, les troupeaux

Bêlants ou mugissants, les rustiques pipeaux, 18O

Les chansons, les festins, les vendanges bruyantes,

Et la flûte, et la lyre, et les notes dansantes.

Puis, déchaînant les vents à soulever les mers.

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