V. 119-121. Odyssée, \III
Tû y âpaUovràvooi Bilxi Bpôvov àpyupôviXov fiivvta Jairu/Aovuv itpbç xtova fiaxpbv èpi^va^* xàS $ èx na7(TS(16fi xpifAxatv (fôpiiiyycc Aiystav, avrou vTtip xe^xX^ç, ....
V. 123. Ulysse, s'adressant à Démodocus, Odysséct VIII, 4''0 : At xey Si^ /xot rocuTa xarà fAOÏpav xaTaAéÇ-/;^, othrCx* iyôi n&otv fiyjOi^vofioii àyÔptoitoiaiv, ùiç âp« TOI itpôfpuv Bibi unxoi Biantv miSiôv,
Y. 126. Malherbe, p. 190, a dit :
Et dans les savantes oreilles Verser de si douces merveilles.
André se souvient du vers qu'un poète de V Anthologie, IX, 455, met dans la bouche d'Apollon :
V. 128. C'est là le touchant début de ÏCEdipe à Colane de Sophocle : Tsxvov rxifXoû yipovroi, 'AvTiydvjj, T^vaj X'^*povç àfpCyfisH* ^ t^vmv à»Sp&v itàXtv ;
— Syros est rîle heureuse où nous vivons, mon père.
— Salut, belle Syros, deux fois hospitalière ! iso Car sur ses bords heureux je suis déjà venu ;
Amis, je la connais. Vos pères m'ont connu :
Ils croissaient comme vous ; mes yeux s'ouvraient encore
Au soleil, au printemps, aux roses de l'aurore ;
J'étais jeune et vaillant. Aux danses des guerriers, 135
A la course, aux combats, j'ai paru des premiers.
'J'ai vu Corinthe, Argos, et Crète, et les cent villes.
Et du fleuve iEgyptus les rivages fertiles ;
Mais la terre et la mer, et l'âge et les malheurs.
Ont épuisé ce corps fatigué de douleurs. 140
La voix me reste. Ainsi la cigale innocente,
V. 129. C'est par erreur que les éditions précédentes donnent Sicos; il n'existe pas d'île de ce nom ; mais Homère connaissait et avait visité Syros, île fertile qu'il décrit au chant XY de VOdyssée, 403 ; cf. Strabon, X, V, 8. Gbénier avait peut-être écrit Syros par un i (Siros).
y. 133-134. En écrivant ces beaux vers, André se souvenait sans doute de ceux de Milton, Par. perd., III, 41 :
But iiot to me relurns
Day, or the sweet approach of even or morn, Or sight of vernal bloom, or summer's rose...
V. 135. Le premier bémistichc semble un souvenir d'un vers des ïambes attribués à Tyrtéeet conservés par Plutarque, Lyc, XXI, ou plutôt de la poétique traduction d'Amyot :
Nous avons été jadis Jeunes, vaillants et hardis.
V. 138. a^gyptus, » ancien nom d« Nil; Hom., Odyss.t XYII, 427, et XIY, 246. Cf. Strabon, 1, 11, 29 ; Diodore de SicUe, 1, 19. Y. 141-142. Iliade, IIÏ, 150 :
....» TfiTTiysTfftv iotxàrsit otrs xaô' uAijv
SevSpiu ifi^ôfievoi oiccc Xeiptôivaav UX91V
toîot oipoL Tpc5«v "hy^opti ^vr' ènl Tzùpyta. i
André emploie souvent le verbe asseoir dans le sens plus général du grec,ÎÇw, ï^ofiKii ifféi;ofi.ai, et du latin sedere, sidère. Cf. Hésiode, Op. et dies, 582, et ScuL, 394; Méléagre, ilnM., YII,196 et IX, 363 ; Yirgile, En. y YI, 206, a dit :
Sedibus optatis^ geminœ super arbore siduni.
Sur un arbuste assise, et se console et chante. Commençons par les dieux : Souverain Jupiter, Soleil qui vois, entends, connais tout, et toi, mer, Fleuves, terre, et noirs dieux des vengeances trop lentes, 145 Salut ! Venez à moi, de l'Olympe habitantes,
M. Boissonade, dans ses notes manuscrites, cite ces deux vers charmants d'une fable de Ginguené :
Tout Tauditoire ailé, sur les branches assits. Riait et s'amusait de ces joyeux récits.
y. i42. a Se console, » se charme par ses chants jusqu'à l'oubli total d'elle-même. Qilyeiv s'emploie de même (voy. Pind., Ném.,l\f 3), et en latin solari, consoler, a aussi la signification très-générale de a charmer par une occupation attrayante les soucis de la vie. > Virgile, Géorg., I, 293, a ce joli vers :
Interea, longum cantu solata laborem.
C'est encore notre vieille expression française, se solacieTf se divertir, ripTceaSai, que l'Académie a recueillie dans son Dictionnaire. Pindare, Thrènes, fr. I, a dit : « Toi Se çop/Atyyeffac ripitovrai. »
V. 143. Ce vers rappelle le début d'Aratus, Phœnom. : «'Ex Atè^ crpx(ift.ev9af » et de Cicéron : a Âb Jove Musarum primordia. ÂVirg., ÉgL, 111,60; Calpumius, Égl., IV, 82. — Imité d'Homère, //., III, 276 ;
Z«û Ttirepj ^lSv)Bev fieSécàv, xû^c^re, /xéytTre, *HiXi6i 6', %i Travt' ifopâi xal itdvT* èTraxoûetç, xal Hora/Aol xocl Fata, xal o\ vitivipBe xafiôvrai oySpdtnoMç Wvuvdov, 5Tt$ x' inlopyiov àfiévnif ^fuïç fiMpTOpQi eore, q?v>difffffiTe 5' o/9xt« irterrâ.
Ces vers ont inspiré plus d'un poète. Cf. Hésiode, Op. et dies, 8. C'est dans les occasions les plus solennelles que les anciens invoquaient ainsi les puissances célestes et terrestres. Voy. VAjax de Sophocle, 830-865. Cf. Euripide, Médée, 1251, et la superbe apostrophe de Virgile, £n., VI, 264, aux puissances infernales.
y. 144. Homère a reproduit la même expression relative au soleil, Odyss.,Xl, 109. Cf. Orphée, Encens du soleil; Hésiode, Op. et /)., 265; Virg., Enéide, IV, 607 ; Ovide, Met., I, 769. — Segrais, Égl., I, a ce mauvais vers :
Le soleil qui voit tout et qui nous fait tout voi .