‹ Poésies de André ChénierChapitre 55 sur 418 · LE MENDIANT · texte numérisé non relu

LE MENDIANT

C'était quand le printemps a reverdi les prés. La fille de Lycus, vierge aux cheveux dorés, Sous le^ monts Achéens, non loin de Gérynée,

Errait à lombre, aux bords du faible et pur Grathis *

Car les eaux du Grathis, sous des berceaux de frêne, 5

Entouraient de Lycus le fertile domaine.

Soudain, à l'autre bord,

Du fond d*un bois épais un noir fantôme sort,

II. — L*arrivée d'Ulysse chez les Phéaciens, au VI* livre de VOdyssée, a inspiré à André ce petit poème du Mendiant, qui, entre autres mérites, a celui de présenter dans un cadre peu étendu une étude exacte et heureuse de la manière dont les anciens exerçaient l'hospitalité.

y. 1. Ronsard, Am., II, Voyage de Tours, a un début semUable :

G'estoit en la saison que l'amoureuse Flore . Faisoit pour sou amy les fleurettes esclore.

y. 4. Il ne faut pas confondre ce Grathis, fleuve d'Achaïe, qui se jette dans le gbife de Corinthe [Pausanias, VU, xxv), avec le Grathis dont parle Théocrite, Idyl., V, 16, 124, et qui est un fleuve italien; voy. Schol. Théoc., V, 124. Gérynée et le Grathis sont aussi nommés dans Strabon, VIII, vu, 4 et 5. Dans YOdyssée, Nausicaa et ses compagnes sont, sur les bords du fleuve, occupées à laver leurs vêtements.

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