‹ Poésies de André ChénierChapitre 57 sur 418 · V. 21 et saiy. Odyssée, VI · texte numérisé non relu

V. 21 et saiy. Odyssée, VI

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Nous avons déjà tu rimitation des vers qui suivent dans Y Aveugle, 57. — Homère a reproduit la même pensée, Odyssée, IV, 376 ; Hymne à Vénus, 92. Cf. Apollonius, Arg., IV, 1411 ; Virgile, En., I, 327 ; Stace, Théb., IV, 746; Tasse, Ger. /i6., V, xxxv.

L'étranger qui supplie est envoyé des dieux. »

Elle reste. A le voir elle enhardit ses yeux,

et d'une voix encore

Tremblante : « Ami, le ciel écoute qui Tiraplore.

Hais ce soir, quand la nuit descend sur l'horizon, 55

Passe le pont mobile, entre dans la maison ;

J'aurai soin qu'on te laisse entrer sans méfiance.

Pour la douzième fois célébrant ma naissance.

Mon père doit donner une fête aujourd'hui.

Il m'aime, il n'a que moi ; viens t'adresser à lui, 40

C'est le riche Lycus. Viens ce soir ; il est tendre.

Il est humain : il pleure aux pleurs qu'il voit répandre. »

Elle achève ces mots, et, le cœur palpitant, V. 31. Éd. 1839.

L'étranger suppliant vient de la part des dieux. L'étranger voyage protégé par la dmniié. Odyssée, Vf, 207 :

Upbç yàp Ato$ tîviv âitavni

ÇsTvo^ T« itTOixoi T« • Sôvtç é' iXiyyi t« flXii rt,

y. 35. Éd. 1826 et 1839 :

Ce soir, lorsque la nuit couvrira Thorizon.

y. 36. Combien Ghénier lisait avec attention I Le domaine de Lycus est un souvenir du palais d*Âlcinous, et ce pont dont parle André se trouve Aussi dans Homère, sans que pourtant celui-ci le dise expressément. Devant le palais se trouve une cour, dont un petit pont sert évidemment à franchir le seuil ; car, comme nous le dit Homère {Odyssée, y II, 130), un filet d'eau coule W aO>i!f$ où^ôv.

y. 37. Éd. 1826 et 1839 :

J'aurai soin qu'on te laisse entrer sans défiance.

y. 38. C'est ainsi qu'il y a dans FayoUe. M. de Latouche avait sans doute mal lu et avait mis :

Pour la dixième fois célébrant ma naissance.

y. 43. Nous rétablissons ce vers d'après FayoUe. Toutes les éditions donnent :

Elle dit, et s'arrête, et, le cœur palpitant.

a Elle achève ces mots; d c'est encore, à l'époque d'André, l'expressior consacrée; c'est celle de Racine dans Athalie :

Ma fille!... En achevant ces mots épouvantables.

S'enfuit ; car Tétranger sur elle, en Técoutant,

Fixait de ses yeux creux Tattention avide. -;

Elle rentre, cherchant dans le palais splendide

L'esclave près de qui toujours ses jeunes ans

Trouvent un doux accueil et des soins complaisants.

Cette sage affranchie avait nourri sa mère ;'

Maintenant sous des lois de vigilance austère, so

Elle et son vieil époux au devoir rigoureux

Rangent des serviteurs le cortège nombreux.

Elle la voit de loin dans le fond du portique,

Court, et posant ses mains sur ce visage antique :

(( Indulgente nourrice, écoute, il faut de toi 5->

Que j'obtienne un grand bien. Ma mère, écoute-moi :

Un pauvre, un étranger, dans la misère extrême.

Gémit sur l'autre bord, mourant, affamé, blême...

Ne me décèle point. De mon père aujourd'hui

J'ai promis qu'il pourrait solliciter l'appui. oo

Fais qu'il entre; et surtout, ô mère de ma mère I

Garde que nul mortel n'insulte à sa misère.

— Oui, ma fille : chacun fera ce aue tu veux. Dit l'esclave en baisant son front et ses cheveux ;

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