V. 202-205. Odyssée, XIX
Nuv fiiv Si/) fjLoi, (fcve, nipoç mp iùv ijLcetvôç, èv fieyoLpoi^iv i/AOïffc (fiXoç r* in) aiSoïoç re*
N 'oserait élever sa langue contre toi.
Tu peux ici rester, même oisif et tranquille,
Sans craindre qu'un affront ne trouble ton asile. 205
— L'indigent se méfie. — Il n'est plus de danger.
— L'homme est né pour souffrir. — Il est né pour changer.
— Il change d'infortune ! — Ami, reprends courage : Toujours un vent glacé ne souffle point l'orage.
Le ciel d'un jour à l'autre est humide ou serein, 210
Et tel pleure aujourd'hui qui sourira demain.
— Mon hôte, en tes discours préside la sagesse. Mais quoi ! la confiante et paisible richesse Parle ainsi. L'indigent espère en vain du sort ;
et, même chant, 322 :
Ta d' a^lycov, 5$ xev rxei'y&iv
TOUTOv àvtâÇv) BniJLOfBôf. Oi' ohSi re tpyov ivBiS* ht Tcp-i^^ti, fixïia. mp xs^o^u/^^vofi otîv&ç. V. 206. Odyssée, VII, 307 ;
Âû$Çi7^0( va/9 r* eiakv eirt x^ov^ f^^* otvdptânuv,
Poiisard, dans ses Études antiques^ a critiqué ce dialogue coupé, comme antihomérique. Si André avait voulu traduire un chant de VOdyssée, il n'aurait pas fait entrer dans sa traduction un seul vers, un seul mot, une seule forme qui ne fussent homériques. Mais il faut faire attention qu'André imite Homère à la façon de Théocrite, et que le ton de ce petit poème doit être plus familier que celui d'une Iliade ou d'une Oilyssée.
V. 207. Timoclès, poëte comique, a ce vers dans un fragment conservé par Athénée, YI, p, 223, B :
Y. 209. C'est la pensée développée dans la belle ode d'Horace (^on semyer imbres, etc.) qu'on trouvera citée plus loin. Élégies, I, x, 4. V. 210. Properce, II, xxviii, 31 :
Hune, utcunque potes, fato gère saucia morera. Et deus et durus vertitur ipse dies.
Propercc se souvenait sans doute de Théocrite, Idyll., lY, 41 :
6a/57>îv X|5V7, ^Ù£ Barre' Ta^* au/scov taviT a/Aetvov.
X' w ZîVî ''X'.o/.x tibj rtiXîi aidoioq, â//oza 5* tu. V. 212. Cf. Odyssée, XIX, 352; XX, 37, et passim,
En espérant toujours il arrive à la mort. 2ir»
Dévoré de besoins, de projets, d'insomnie,
Il vieillit dans l'opprobre et dans l'ignominie.
Rebuté des humains durs, envieux, ingrats.
Il a recours aux dieux qui ne l'entendent pas.
Toutefois ta richesse accueille mes misères ; 220
Et puisque ton cœur s'ouvre à la voix des prière;,
Puisqu'il sait, ménageant le faible humilié,
D'indulgence et d'égards tempérer la pitié.
S'il est des dieux du pauvre, ô Lycus ! que ta vie
Soit un objet pour tous et d'amour et d'envie. 226
— Je te le dis encore, espérons, étranger.
Que mon exemple au moins serve à t'encourager.
Des changements du sort j'ai fait l'expérience.
Toujours un même éclat n'a point à l'indigence
Fait du riche Lycus envier le destin : 230
J'ai moi-même été pauvre et j'ai tendu la main.
Cléotas de Larisse, en ses jardins immenses.
Offrit à mon travail de justes récompenses.