‹ Poésies de André ChénierChapitre 68 sur 418 · V. 291. Odyssée, XIV · texte numérisé non relu

V. 291. Odyssée, XIV

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y. 302. La cause de la fîiite de Cléotas pouvait être l'accusation d'un meurtre, commis sans doute à la suite de dissensions politiques. Les meurtriers allaient chercher un asile à Delphes, comme Oreste, dans Eschyle, Choéph., 1021. Chargé d'une telle accusation, on trouvait un refuge chez un peuple voisin, comme il est dit dans un passage d'Hésiode. Scut.f 12, qui a quelque rapport avec celui-ci. Quant aux dons offerts, ce n'était pas seulement un effet de la bonté des habitants, mais encore un devoir religieux [Hésiode, SciU., 85).

Y. 303-305. Cléotas, proscrit par sa patrie, fuyait, avec sa femme et ses fils, les villes de Thessalie. On les avait suivis (c'est-à-dire pour-

On les avait suivis jusques aux Thermopyles.

Il en gardait encore un douloureux effroi. sos

Je le connais ; je fus son ami comme toi.

D'un même sort jaloux une même injustice

Nous a tous deux plongés au même précipice. '

11 me donna jadis (ce bien seul m'est resté)

Sa marque d'alliance et d'hospitalité. oio

Vois si tu la connais. » De surprise immobile,

Lycus a reconnu son propre sceau d'argile,

Ce sceau, don mutuel d'immortelle amitié,

Jadis à Cléotas par lui-même envoyé.

suivis) jusqu'aux Thermopyles, limites de la Thessalie et de la Grèce. C'est de cette poursuite qu'il gardait un douloureux effroi. Il avait confié sa femme et ses fils à Delphes, au ministre du dieu, et s'était seul, à pied, acheminé vers le pays habité par Lycus.

Y. 310. Allusion à l'usage qui caractérise le mieux l'hospitalité chez les anciens et qui est parfaitement décrit dans Euripide, Médée, 610 :

'AXX' ef Tt ^oûAet TcatTlv ^ aaurfî f uy^s

Xiy* * &i Irot/AOç àfdovca Soûvai yfipit Xivoiq re Tcé/ATreiv Çu/xêoA' ot ^pôi.QQMQi 9 £u.

!E!u/xêo}iov était le terme général, comme en latin symholyLm; ou bien encore ff^/ta, et en latin signum ; voy. le Sckol. d'Euripide. Les signes, sur lesquels on pouvait écrire, consistaient en tablettes pliées, comme dans Homère, Iliade, YI, 169, ou bien en petites lames d'argile, tessera; voy. Plante, Bacch., II, ni, 29 ; Pcen., V, i, 25, et V, ii, 87. Souvent, on se contentait de partager un osselet, dont chacun devait garder une moitié [Schol. Eurip.). — Le signe de reconnaissance dont parle Chénier, le sceau, est ce que les Grecs' appelaient <Tfpay(ç ; ce mot s'employait souvent comme terme général synonyme de <tj/i$oXov, voy. Aristophane, Ois., 1215; quelquefois il désignait une empreinte, une marque de famille imprimée sur le corps, comme dans Sophocle, Electre, 1232. — Dans le cachet qu'on mettait au doigt, il désignait la pierre sur laquelle on gravait tantôt des caractères, tantôt de petits tableaux. Voy. une épigramme de Polémon, Anth. Grot., IV, xviii, v. Quelquefois le signe dont on se servait était seulement l'empreinte du cachet ; voy. Sophocle, Trach., 623.

V. 311. Nous avons préféré la leçon de FayoUe. La correction de M. de Latouche n'est pas dans le style d'André.

Vois si tu le connais. » 0 surprise ! Immobile.

Il ouvre un œil avide, et longtemps envisage oi.i

I/étranger. Puis enfin sa voix trouve un passage :

« Est-ce toi, Cléotas, toi, qu'ainsi je revoi ?

Tout ici t'appartient. 0 mon père ! est-ce toi?

Je rougis que mes yeux aient pu te mécoimaître.

Cléotas, ô mon père! ô toi qui fus mon maître, 3io

Viens ; je n'ai fait ici que garder ton trésor,

Et ton ancien Lycus veut te servir encor.

J'ai honte à ma fortune en regardant la tienne, n

Et dépouillant soudain la pourpre tyrienne

Que tient sur son épaule une agrafe d'argent, 3i5

Il l'attache lui-même à l'auguste indigent.

Les convives levés l'entourent ; l'allégresse

Rayonne en tous les yeux. La famille s'empresse ;

On cherche des habits, on réchauffe le bain.

La jeune enfant approche ; il rit, lui tend la main : 300

« Car c'est toi, lui dit-il, c'est toi qui la première.

Ha fille, m'as ouvert la porte hospitalière. »

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