V. 6. Virgile, Enéide, XI
Et via vix tandem voci laxata dolore est.
V. 7. Les poètes latins n'ont que rarement parlé de la nymphe Séhé~ Ihide; son nom ne se trouve cju'une fois dans Virgile, En., VII, 734. — Cf. Stace, Silv.,\, 11, 261. Vibius Sequester, de Flum. fontihusquc, n'en dit que peu de mots. Cf. Érythroius (N. Rossi), Index Virg. Dans
Coupez sur mou tombeau vos chevelures blondes.
Adieu, mon Ciinias ! moi, celle qui te plus,
Moi, celle qui t'aimai, que tu ne verras plus. i
0 cieux, ô terre, ô mer, prés, montagnes, rivages,
Fleurs, bois mélodieux, vallons, grottes sauvages.
Rappelez-lui souvent, rappelez-lui toujours
Néère tout son bien, Néère ses amours ;
Cette Néère, hélas ! qu'il nommait sa Néère, i5
Qui pour lui criminelle abandonna sa mère ;
Qui pour lui fugitive, errant de lieux en lieux,
Sannazar, surnommé le Cygne du Sébéthus, ce nom revient souvent; dans une élégie [éd. 1536, p. 117), il s'écrie comme André :
Quîn etiam flevere suis Sebethides antris Naiades et passis Parlhenopea comis.
Le Sébéthus, traverse Naples; il s'appelle aujourd'hui Fiume délia Maddalena. Ronsard, dans le Baing de Callirée, s'est aussi souvenu de la nymphe Sébéthide ; Eurymédon appelle Callirée : « 0 corps sébétien, i» V. 8. Cet usage antique de consacrer des chevelures sur des tombeaux se retrouve à chaque pas dans Ips poètes grecs et latins. Stace, Silv., Y, V, 13, venant de perdre son fils adoptif, s'écrie avec un mouvement poétique semblable à celui d'André :
Hue patres, et aperto pectore maires
Conveniant ; crinesque rogis, et munera ferle.
Y. 9. Il faudrait grammaticalement : Moi, celle qui te plut, moi, celle qui Vaima. Dien préférable est cette tournure de Yirgile : a 111e ego, qui quondam... vicina coegi, » puisque les pronoms y sont inversement placés.
Y. 11-13. Ronsard. Amours, I, lxvi, a eu une heureuse inspiration dans un semblable adieu :
Je vous supply, ciel, air, vents, monls et plaines, Taillis, forêts, rivages et fontaines, Antres, prés, fleurs, dites-le-luy pour moy.
Les poètes grecs abondent en appels désespérés à la nature. La poésie moderne, plus émue, plus expansive encore, en offre de touchants exemples. Yoy. le Lac de Lamartine et la Solitude d'Alfred de Musset.
Y. 16. C'est un souvenir d'Ariane gémissant sur le rivage de Naxos et suivant des yeux le vaisseau qui emporte son amant. Catulle, LXIY, 117 :
Ul linquens genitoris filia vultum,
Ut consanguine» complexum, ut denique matris,
QuaB misera in gnata flevit deperdita, lœta
Omnibus his Thesei dulcem praîoptarit amorem? ^
ËLËGIES. 61
Aux regards des humains n*osa lever les yeux.
Oh ! soit que l'astre pur des deux frères d*Hélène
Calme sous ton vaisseau la vague ionienne ; to
Soit qu'aux bords de Pœstum, sous ta soigneuse main,
Les roses deux fois Tan couronnent ton jardin ;
Au coucher du soleil, si ton âme attendrie
Tombe en une muette et molle rêverie,
Alors, mon Clinias, appelle, appelle-moi. 'i:>
Je viendrai, Clinias ; je volerai vers toi.
Mon âme vagabonde, à travers le feuillage,
Frémira ; sur les vents ou sur quelque nuage
Tu la verras descendre, ou du sein de la mer,
S'élevant comme un songe, étinceler dans Tair, 50
Et ma voix, toujours tendre et doucement plaintive,
Caresser en fuyant ton oreille attentive. »
V. 19. Castor et PoUux, fils de Jupiter et de Léda, propices aux navigateurs; voy. Homère, j&Tt/m., XXIII, aux Dioscures. Ce vers est imite d'Horace, Od., I, m:
Sic fratres Helenae, lucida sidéra.