‹ Poésies de André ChénierChapitre 77 sur 418 · V. 2. yirgile, Géorg., I · texte numérisé non relu

V. 2. yirgile, Géorg., I

ÛilectiB Thetidi alcTones

Thétis, la fille de Nérée et la plus beUe des Néréides. Comitte omis le

Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine ! •

Un vaisseau la portait aux bords de Gamarine :

Là, rhymen, les chansons, les flûtes, lentement 5

Devaient la reconduire au seuil de son amant.

Une clef vigilante a, pour cette journée,

Sous le cèdre enfermé sa robe d'hyménée,

Et Tor dont au festin ses bras seront parés.

Et pour ses blonds cheveux les parfums préparés. 10

verrons, v. 20, les Néréides étaient des divinités clémentes ; c'est pour cela sans doute que les alcyons leur étaient chers (Théocrite, Mt//., VIT, 57). On ne sait pas au juste quel est cet oiseau célèbre dans l'antiquité ; voy. le Scholiaste de Théocrite. Les quatorze jours (sept avant, sept après le solstice d*hiver) dont il parle, sont une époque de calme appelée l'époque des alcyons, comme le dit Âpollonidas, i4n{A., IX, 271. Cf. Pline, X, xxxii ; Aristote, Hist. an., VIII, m ; Ovide, Met., XI, 741. — Cette invocation aux alcyons rappelle celle que, dans Euripide, Iphig. eu Taur., 1089, le chœur adresse à l'alcyon :

'AAxuùv,

lAcyov oItov «slSstç, x. r. X,

V.*4. « Camarine, » ville de Sicile, Schol. Pind. Olymp., V, 1. Y. 5. Sur ces cérémonies, relire les épithalames des poètes anciens. V. 6. Lucrèce, 1,97:

Ut, solenni more sacrorum

Perfecto, posset claro comitari Hymenaeo.

Cette mort touchante d'une jeune vierge enlevée par les flots cruels, alors qu'on la conduisait au seuil de son amant, a souvent inspiré les poètes. Voici une épigramme qui semble avoir inspiré Chénier ; elle est de Xénocrite de Rhodes, ArUh., YII, 291 :

XaXrai «rou vraÇou^tv sÔ' otXitMpàL, ^xi^iiopt xotJpTf),

va.wiyo\i fStidvT/ii ccv &Xl, A.M9tSUri.

*H yàp hpivoiUvorj irôvrou, Siiaava BaXAvwiç

C€/0(v, ùnkp xoÙOM Mpxroi IÇ^Tceorsç.

Kal eràv ptiv f uveT rifOi ouvo/ut.a, xal x,^ôv« Kû/xtjv,

ottIol Si ^"oxp^ x^ûÇst' In' ar/ca^û»

Tzi/.pbv 'Aptyro/iAx^ yevirvi xaxôv, 0$ as xo/AtÇuv

U yoÉ/AOv, oure xôpriv rjyayev, ours vixuv.

Cf. Antipater de Thessalonique, ilra^A., IX, 215 et aussi ilnM., VII, 188. V. 8. a Sans le cèdre, i> détail précis. Euripide, Aie, 160:

*Ex i* iXovva ittSpivoèv Sàfiùèv

wBfjru xoff/Aoy rs

Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles, Le vent impétueux qui soufflait dans ses voiles L'enveloppe : étonnée, et loin des matSlots, Elle tombe, elle crie, elle est au sein des flots.

Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine ! i5

Son beau corps a roulé sous la vague marine.

Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d'un rocher,

Aux monstres dévorants eut soin de le cacher.

Par son ordre bientôt les belles Néréides

S'élèvent au-dessus des demeures humides, 20

Le poussent au rivage, et dans ce monument

L'ont au cap du Zéphyr déposé mollement ;

Et de loin, à grands cris appelant leurs compagnes.

Et les nymphes des bois, des sources, des montagnes.

Toutes, frappant leur sein et traînant un long deuil, 25

Répétèrent, hélas ! autour de son cercueil :

V. il. Souvenir de Virgile [Énéidey VI, 338), heureusement modifié pour l'approprier au sujet ;

• . Dum sidéra servat,

Exciderat puppi (Palinurus), mediis effusus in undis.

V. 13. Nous n'avons pas adopté la ponctuation du Mercure, V. 15. Voy. dons les deux vers cités plus haut, de l'élégie de Bion, un exemple remarquable de la répétition de l'hémistiche.

V. 19. Properce, III, vn, 67, s'écrie, lorsque les flots viennent d'entraîner l'infortuné Fœtus dans l'abîme :

0 centum œquoreae Nereo genitore puellaB,

Et tu materne tacta dolore Theti, Vos decuit lasso subponere brachia mento :

Non poterat vestras ille gravare manus.

Mais les Naïades et les Néréides étaient clémentes, surtout pour les femmes, comme le dit Goluthus, Rapt d'Hél. , 361 .

V. 22. Le promontoire Zephyriunif à la pointe méridionale du Brutium,^ au sud de Locres (Strabon, VI, i, 7). — Ce passage de la Jeune Tarentine paraît une réminiscence d'une épigramme de VAnthologief VII, 1 :

Nixrapc S' ihâXioti NrjpYitSsç Ix/D^^avro,

« Hélas ! chez ton amant tu n*es point ramenée, Tu n'as point revêtu ta robe d'hyménée, L'or autour de tes bras n'a point serré de nœuds. Et le bandeau d'hymen n'onia point tes cheveux. )>

m NÉËRË

. . Tel qu'à sa mort, pour la dernière lois,

Un beau cygne soupire, et de sa douce voix,

De sa voix qui bientôt lui doit être ravie,

Chante, avant de partir, ses adieux à la vie,

Ainsi, les yeux remplis de langueur et de mort, 5

Pâle, elle ouvrit sa bouche en un dernier efFort :

« 0 vous, du Sébéthus naïades vagabondes,

Y. 29. Toutes les éditions ;

L'or autour de ton bras n*a point serré de nœuds.

Nous suivons la leçon du Mercure, justifiée d'ailleurs par le v. 9. m. —V. 1-4. Ovide, Héroïd., VII, 1 :

Sic, ubi fata vocant, udis abjectus in herbis Âd vada Maeandri concinit albus olor.

Sur le chant du cygne, voy. iËlien, Nat. AfH, V, xxxiv. — Euripide y fait très-souvent allusion : Herc. fur., 410, 692 ; Iph. Tour,, 1104 ; Hél., 1115, etc. Cf. Callimaque, Hym, à Délos, 249 ; Platon, Phœdon (Ed. Bekker, tom. V, p. 60) .

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