‹ Poésies de André ChénierChapitre 94 sur 418 · V. 85 et 88. Lucrèce, II · texte numérisé non relu

V. 85 et 88. Lucrèce, II

Invitant herbx gemmantes rore recenti :

Et satiati agni luduut, blandeque coniscant.

V. 91 . c( Fortune, » pour sort, comme chez les poètes. La Foataine, Fab., VI, XI ;

« Il obtint cliangement de fortune.

Racine, Androm., l, i :

Ma fortune va prendre une face nouvelle. V. 94. Voy. plus loin, v. 124.

Pourquoi fuir leur présence, appui des misérables ?

Autour de leurs autels, parés de nos festons, ig.>

Que ne viens-tu danser, offrir de simples dons,

Du chaume, quelques fleurs, et, par ces sacrifices,

Te rendre Jupiter et les nymphes propices?

LE BERGBR.

Non : les danses, les jeux, les plaisirs des bergers.

Sont à mon triste cœur des plaisirs étrangers. 110

Que parles-tu de dieux, de nymphes et d'offrandes ?

Moi, je n*ai pour les dieux ni chaumes ni guirlandes :

Je les crains, car j'ai vu leur foudre et leurs éclairs ;

Je ne les aime pas, ils m'ont donné des fers.

LE GUBVRlEIt.

Eh bien! que n'aimes-tu ? Quelle amertume extrême 115

Résiste aux doux souris d'une vierge qu'on aime ?

L'autre jour, à la mienne, en ce bois fortuné.

Je vins offrir le don d'un chevreau nouveau-né.

Son œil tomba sur moi, si doux, si beau, si tendre !...

Sa voix prit un accent!... Je crois toujours l'entendre, iso

LE BERGER

Eh ! quel œil virginal voudrait tomber sur moi ?

Ai-je, moi, des chevreaux à donner comme toi ?

Chaque jour, par ce maître inflexible et barbare.

Mes agneaux sont comptés avec un soin avare.

Trop heureux quand il daigne à mes cris superflus ii:>

N'en pas redemander plus que je n'en reçus.

V. 107. « Du chaume, » précision. Galpurnius, Égl., YIII, 66 :

Dant Fauni, quod quisque valet, de vite racemos, De campo culmoit omnique ex arbore fruges.

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