‹ Poésies de André ChénierChapitre 95 sur 418 · V. 122-124. Théocrite, IdyL, VIII · texte numérisé non relu

V. 122-124. Théocrite, IdyL, VIII

Oh Oijgrû Tcoxà à/uivôv, ènel XK/£7rôs 6' h itoLT^p /xeu X « fiârvip ' rà. Si fixXa itoOéintspcc Trâvr' àpidfxsuvri.

Mais André, à ce trait de k vie humiliante de resclavc, so suuveiiait aussi

0 juste Némésis ! si jamais je puis être

Le plus fort à mon tour, si je puis me voir maître,

Je serai dur, méchant, intraitable, sans foi,

Sanguinaire, cruri .comme on Test avec moi! 131

I4K qHBVRIER.

Et moi, c'est vous qu'ici pour cévioins j'en appelle,

Dieux ! de mes serviteurs la cohorte fidèle

Me trouvera toujours humain, compatissant,

A leurs justes ^^ésix9 facile et complaiss^nt,

Afin qu'ils soient heureux et qu'ils aiment ]eur maître, 135

Et bénissent en paix l'instant qui les vit naître.

IJS BERGBR.

Et moi, je le maudis, cet instant, douloureux

Qui me donna le jour pour être malheureux ;

Pour agir quand un autre exige, veut, ordonne \ *

Pour n'avoir rien ^ moi, pour ne plaire à personne ; t40

Pour endurer la faim, quand ma peine et mon d^uil

Engraissent d'un tyran l'insolence et l'orgueil.

LE CHÇiyRIER.

Berger infortuné ! ta plaintive détresse

De ton cœur dans le mien fait passer la tristesse.

Vois cette chèvre mère et ces chevreaux, tous deux 145

Aussi blancs que le lait qu'elle garde pour eux ;

Qu'ils aillent avec toi, je te les abandonne.

Adieu. Puisse du moins ce peu que je te donne

De ta triste mémoire effacer tes malheurs,

Et, soigné par tes mains, distraire tes douleurs! i;;o

LE DERGER.

Oui, donne et sois maudit ; car si j'étais plus sagO« Ces dons sont pour mon cœur d'un sinistre présage.

;ies vers de Virgile, Égl., III, 32, imités de ce passage de Tlu'ocrile :

Ue grege non ausim quidquam deponere tecum : Est mihi namque domi pater, et injusta nov(>rca; Bisque die numerant ainbo pecus, aller et handos.

De mon despote avare ils choqueront les yeux.

n ne croit pas qu on donne : il est fourbe, envieux ;

n dira que chez lui j*ai volé le salaire 155

Dont j'aurai pu payer les chevreaux et la mère,

Et, d'un si beau prétexte ardent à se servir,

C'est à moi que lui-màne il viendra les ravir.

Commencé le vendredi au sair 16(1) et fini le dimanche au soir 18 mars 1787.

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