DIANE ET SES NYMPHES
Je verrai, descendus dans les bruyants vallons,
Diane et son cortège errer au pied des monts ;
La dépouille des lynx est leur riche parure ;
Leur sein jeune et brillant fuit hors de leur ceinture ;
BUCOLIQUES
Les plis de leurs habits ne gênent point leurs pas Et laissent découverts leurs genoux délicats ;
Là, s’arrêtent en foule, auprès d’une fontaine, Anticlée et Procris, Aréthuse et Cyrène,
Vierges comme Diane et qui vont, dans les bois, Sur les loups dévorants épuiser leurs carquois.
Je les verrai, déesse, avec leurs doigts faciles. Dételer de ton char tes cerfs aux flancs agiles, Détacher le frein d’or trempé de leurs sueurs. Caresser leur poitrine et les nourrir de fleurs.
Mais si le doux ruisseau roulant des ondes claires Vous invite à quitter vos tuniques légères.
Déesse, je fuirai ; car ton chaste courroux Est terrible et mortel. Je fuirai loin de vous.
De peur qu’à te venger ta meute toute prête Ne voie un bois rameux s’élever sur ma tête.