LE CHÊNE DE CÉRÈS
Allons chanter, assis dans les saintes forêts,
Sous ce chêne orgueilleux, favori de Cérès, .
Qui loin autour de lui porte un immense ombrage Tu vois, de tous côtés pendant à son feuillage. Couronnes et bandeaux et bouquets entassés.
Doux monuments des vœux par Cérès exaucés.
A son ombre souvent les nymphes bocagères Viennent former les pas de leurs danses légères ; Pour mesurer ses flancs et leur vaste contour.
Leurs mains s’entrelaçant serpentent à l’entour :
Et, les bras étendus, vingt Dryades à peine Pressent ce tronc noueux et dont Cérès est vaine.
(Tiré d’Ovide, Met., VIÜ.)
PPIÈRE A PROSERPINE
Api'ès avoir conte en peu de mots V enlèvement de Pro serpine (dans les fêtes de Proserpine) :
Sois donc propice aux tiens, vierge, épouse sacrée, O Junon des enfers, qu’une mère éplorée.
Sur un axe rapide attelé de serpents.
Les flambeaux à la main, rechercha si longtemps. Déesse, tu n’es pas étrangère à cette île.
N’es-tu pas, comme nous, enfant de la Sicile?
BüCOLiaUES. 6)
Qiie de fois, retournant de leurs bruyants travaux, Les cyclopes d’Etna chargés de leurs marteaux Te trouvaient, les pieds nus, assise dans la plaine, Ramassant des cailloux au sein d’une fontaine!
Ils aimaient, tour à tour, et tu ne fuyais pas,
A porter ton enfance en leurs robustes bras.
Si jamais dans les deux quelque enfant immortelle Est au vœu maternel indocile et rebelle.
On appelle un cyclope, et Mercure à l'instant Vient, imite leur voix; il fait peur à l’enfant.
Qui, ses mains sur les yeux, plus doux et moins colère, Se rejette en criant vers le sein de sa mère.
Mais toi, sur les genoux de ces frères nerveux. Tranquille, tu jouais avec leurs noirs cheveux.
Ils riaient de te voir, de ta main enfantine.
Arracher la toison de leur vaste poitrine.
(Pris de Callimaqae, H. à Diane.)