‹ Poésies de André Chénier (volume 2)Chapitre 31 sur 108 · LA REINE DES CRÉTOIS A · texte numérisé non relu

LA REINE DES CRÉTOIS A

Cette île chère aux dieux, mère de Jupiter,

Aux cent belles cités maîtresses de la mer.

Où, pour punir Athène, un épais labyrinthe Recèle un double monstre en son obscure enceinte,

POÉSIES d’aNDRÉ CHÉNIER.

Fruit coupable et cruel de perverses amours :

Lorsque (si les Crétois ne mentent point toujours’ Leur reine dans un temple, incestueuse amante, Demandant un prodige au dieu qui la tourmente, Veut apprendre à mugir, sûre qu’à cette voix,

Son amant mugissant la suivrait dans les bois.

Sa main royale, osant l’arrêter au passage.

Souvent jette des fleurs sur sa tête sauvage.

Descend sur sa poitrine aux longs replis tremblants. Le flatte, l’applaudit, fait raisonner ses flancs. Bientôt pour le tromper un savant artifice Creuse un bois imposteur d’une feinte génisse ;

Elle entre, elle revêt, aussi bien que les yeux.

Les membres, et la force, et le front tortueux.

Les Crétois sont menteurs.., puis il raconte plusieurs fables intéressantes., et finit ainsi : Voilà quelles histoires 111* apprennent les Muses.

LES PRŒTIDES

Les dieux pour se venger envoient quelquefois la folie.

C’est ainsi qu’autrefois, dans leurs délires vains. Courant au pâturage et fuyant les humains.

Les filles de Prœtus, vagabondes compagnes.

De faux mugissements remplirent les campagnes. L’aspect du soc leur fit chercher les bois profonds. Tremblantes que le joug ne menaçât leurs fronts;

Et leur main crut sentir, peureuse et mensongère,

Se dresser sur leur tête une armure étrangère.

[Tiré de Virgile, Egl. VI.]

BUCOLiaUES.

Page 1