‹ Poésies de André Chénier (volume 2)Chapitre 47 sur 108 · LA POÉSIE J · texte numérisé non relu

LA POÉSIE J

Vierge au visage blanc, la jeune Poésie, |

En silence attendue au banquet d’ambroisie, .fl

Vint sur un siège d’or s’asseoir avec les dieux, r Des fureurs des Titans enfin victorieux. I'

La bandelette auguste, au front de cette reine, a Pressait les flots errants de ses cheveux d’ébène ; -

La ceinture de pourpre ornait son jeune sein ; i L’amiante et la soie, en un tissu divin, i

Répandaient autour d’elle une robe flottante, ^

Pure comme l’albâtre et d’or étincelante.

Creux en profonde coupe, un vaste diamant '

Lui porta du nectar le breuvage écumant.

Ses belles mains volaient sur la lyre d’ivoire.

Elle leva ses yeux où les transports, la gloire.

Et l’âme et l’harmonie éclataient à la fois ;

Et, de sa belle bouche, exhalant une voix

Plus douce que le miel ou les baisers des Grâces, i

Elle dit des vaincus les coupables audaces.

Et les deux raffermis et sûrs de notre encens.

Et sous Tardent Etna les traîtres gémissants.

BUCOLIQUES

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