‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 103 sur 496 · V. 24-25. Dans l'Iliade, I, 362, Thétis dit à Achille · texte numérisé non relu

V. 24-25. Dans l'Iliade, I, 362, Thétis dit à Achille

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Y. 28. Expression fréquente chez les tragiques ; Euripide, Héc., 203 :

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Cf. Euripide, Aie., 270 ; Sophocle, Trach., 1162 ; Racine, Phèdre, II, v. V. 34. Euripide, Hipp., 201 :

Bapû /roi KttjiaX-iii ir.lxpavov i%uv âfiX, àfinixaoov péxrpoxov üpotç.

Cf. Ovide, Héroïdes, XXI, 170; Racine, Phèdre, I, in. — Bertin, dm., I, ii :

Le plus léger tapis m'importune et me pèse.

Eu français, le mot tapis se dit spécialement des tissus qui recouvrent les planchers et les tables. André l’emploie comme synonyme de « cou»

ÉLÉGIES

Tout me pèse et me lasse. Aide-moi, je me meurs. 55 Tourne-moi sur le flanc. Ah ! j’expire ! ù douleurs !

— Tiens, mon unique enfant, mon fils, prends ce breuvage; Sa chaleur te rendra la force et ton courage.

La mauve, le dictame ont, avec les pavots,

Mêlé leurs sucs puissants qui donnent le repos ; 40

Sur le vase bouillant, attendrie à mes larmes,

Une Thessalienne a composé des charmes.

Ton corps débile a vu trois retours du soleil Sans connaître Gérés, ni tes yeux le sommeil.

Prends, mon fils, laisse-toi fléchir à ma prière ;

C’est ta mère, ta vieille inconsolable mère

vcrture, » avec le sens du latin tapes et du grec tx-x-o; ; c'étaient des étoffes de laine {Pline, VIII, lxxih) qu’on étendait sur les lits (Virgile, Enéide, IX, 325) ; voy. surtout le passage de l 'Odyssée, IV, 298, où les tapis sont distingués des couvertures et des toisons.

V. 36. Dans Sophocle, Trach., 1041, Hercule, près de mourir, laisse, échapper les mêmes plaintes que le jeune malade. Tout lui pèse, tout le lasse, et il demande à Hyllus de l'aider à sc tourner sur le flanc.

V. 39. Le dictame, c'est la plante que Vénus va cueillir sur l’Ida pour guérir les blessures d’Ènée ; voy. Virgile, Enéide, XII, 412 ; cf. Le Tasse, Ger. lib., XI, i.xxii. — Le dictame avait des propriétés multiples; voy. Pline, XXV, vin, et XXVI, vin, et les poésies didactiques de Scrvilius Damocrate.

V. 42. Tibulle, I, v, rappelle qu'au chevet de Délie malade il a invoqué le secours d'une magicienne. O11 sait que la Thessalic produisait en abondance les herbes dont on se servait dans les incantations, et était renommée pour ses magiciennes. Voy. Apulée, Met., II, mit.

V. 43. Voy. Euripide, Hipp., 135. Racine, imitant Euripide, a dit dans Phèdre :

Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure Depuis que votre corps languit sans nourriture.

V. 44. « Sans connaître Cérès, » c’est-à-dire sans prendre de nourriture. L’emploi de a Cérès » pour « le pain s est très-fréquent en latin. Dans Virgile, Enéide, I, 701, les servantes tirent Cérès des corbeilles.

V. 46. L'accumulation des épithètes est beaucoup plus fréquente dans les langues synthétiques. Ronsard, qui en offre beaucoup d’exemples, a dit dans la Fvanciade, II, 154 : «Une importune outrageuse tempête; » et Marot, Elég., XI : « O douce noire nuict. » Ici la double épithète qu’emploie André est belle et touchante.

Qui pleure ; qui jadis te guidait pas à pas,

T’asseyait sur sou sein, te portait dans ses bras ;

Que tu disais aimer, qui t’apprit «à le dire;

Qui chantait, et souvent te forçait à sourire 50

Lorsque tes jeunes dents, par de vives douleurs.

De tes yeux enfantins faisaient couler des pleurs.

Tiens, presse de ta lèvre, hélas ! pâle et glacée,

Par qui cette mamelle était jadis pressée,

Un suc qui te nourrisse et vienne à ton secours, 55

Comme autrefois mon lait nourrit tes premiers jours.

— 0 coteaux d’Érymanthe! ô vallons! ô bocage!

0 vent sonore et frais qui troublais le feuillage.

Et faisais frémir l’onde, et sur leur jeune sein

Agitais les replis de leur robe de lin ! 60

De légères beautés troupe agile et dansante !

Tu sais, tu sais, ma mère, aux bords de l’Érymanthe...

Là, ni loups ravisseurs, ni serpents, ni poisons.

0 visage divin ! ô fêtes! ô chansons!

Des pas entrelacés, des fleurs, une onde pure... es

Aucun lieu n’est si beau dans toute la nature.

Dieux ! ces bras et ces fleurs, ces cheveux, ces pieds nus

V. 57. L’Érymanthe est un des affluents de. l'Alphée, en Arcadie ; il prend sa source au mont Lampée (Pausanias, VIII, xxiv), dans la chaîne appelée. l'Érymanthe. C'est un des noms etiers aux poètes de la Grèce ; Pausanias, V, vri, nomme les affluents de l’Alphée âÇtot -otxu-oI. Callimaque, Hym. à Jup., 10, appelle l'Érymanthe ij-j/sraroj wora/iüv.

V. 58. « Veut sonore. » C’est l’expression grecque >170? aZpoç. Voy. Homère, passim.

V. 63. Ce passage est dû à un double souvenir de Virgile, Égl. , V, 58 :

Erpo alacris silvas et cetera rura voluptas Canaque, pasloresque teuet, Dryadasque puellas.

Nec lupus insidias pecori, nec relia cervis Ulla dolum meditantur..

et Henry , II, 151 :

At raliidæ tigres absunt, et sæva leonum Semina; nee miseras fallunt aconita legenles

ÉLÉGIES

Si blancs, si délicats ! je ne les verrai plus '

Oh! portez, portez-moi sur les bords d’Érymanthe,

Que je la voie encor, cette nymphe dansante ! 70

Oli ! que je voie au loin la fumée à longs flots S’élever de ce toit au bord de cet enclos !

Assise à tes côtés, ses discours, sa tendresse,

Sa voix, trop heureux père ! enchante ta vieillesse.

Dieux! par-dessus la haie élevée en remparts, 7.»

Je la vois, «à pas lents, en longs cheveux épars,

Seule, sur un tombeau, pensive, inanimée,

S’arrêter et pleurer sa mère bieu-aimée.

Oh ! que tes yeux sont doux ! que ton visage est beau ! Viendras-tu point aussi pleurer sur mon tombeau ? 80

Viendras-tu point aussi, la plus belle des belles,

Dire sur mon tombeau : Les Parques sont cruelles !

—Ah! mon fds, c’est l'amour! c’est l'amour insensé Qui t’a jusqu’à ce point cruellement blessé ?

Ah ! mon malheureux fils ! Oui, faibles que nous sommes, 85 C’est toujours cet amour qui tourmente les hommes.

S’ils pleurent en secret, qui lira dans leur cœur Verra que cet amour est toujours leur vainqueur.

Mais, mon fils, mais dis-moi, quelle nymphe dansante,

V. 70. Nous donnons ce vers tel qu'il est dans le manuscrit, selon le témoignage de M. Émile Descliamps. Toutes les éditions portent :

Que je U voie encor, cette vierge charmante!

Voy, les vers 61 et 89.

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