‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 112 sur 496 · V. 6. Virgile, Ênéide, XI · texte numérisé non relu

V. 6. Virgile, Ênéide, XI

Et via vix tandem voci laxata dolore est.

V. 7. Les poètes latins n’ont que rarement parlé de la nymphe Sdidthide; son nom ne se trouve qu’une lois dans Virgile, Ên., VII, 754. — Cf. Stace, Silv., I, n, 261. Vihius Sequester, de Flum. fontibusquc, n’en dit que peu de mots. Cf. Érythraus (N. Ilossi), Index Virg. Dans

Coupez sur mon tombeau vos chevelures blondes.

Adieu, mon Clinias ! moi, celle qui te plus.

Moi, celle qui t’aimai, que tu ne verras plus. i

O deux, ô terre, ô mer, prés, montagnes, rivages,

Fleurs, bois mélodieux, vallons, grottes sauvages, Rappelez-lui souvent, rappelez-lui toujours Néère tout son bien, Néère ses amours ;

Cette Néère, hélas ! qu’il nommait sa Néère, 15

Qui pour lui criminelle abandonna sa mère;

Qui pour lui fugitive, errant de lieux en lieux,

Sannazar, surnommé le Cygne du Sébéthus, ce nom revient souvent ; dans une élégie (éd. 1536, p. 117), il s’écrie comme André :

Quin etiam Qevere suis Sebethides antris Naïades et passis Parthenopea coulis.

Le Sébéthus, traverse Naples; il s'appelle aujourd’hui Fiume délia Maddalena. Ronsard, dans le Baing de Callirée, s'est aussi souvenu de la nymphe Sébéthide ; Eurymédon appelle Callirée : « O corps sébélien. » V. 8. Cet usage antique de consacrer des chevelures sur des tombeaux se retrouve à chaque pas dans h s poètes grecs et latins. Stace, Silv., V, v, 13, venant de perdre son fils adoptif, s’écrie avec un mouvement poétique semblable à celui d'André :

Hue patres, et aperto peetore matres

Conveniant ; criuesque rogis, et munera ferle.

V. 9. 11 faudrait grammaticalement : Moi, colle qui te plut, moi, celle qui l'aima. Bien préférable est cette tournure de Virgile : « llle ego, qui quondam... vicina coegi, » puisque les pronoms y sont inversement placés.

V. 11-13. Ronsard. Amours, I, lxvi, a eu une heureuse inspiration dans un semblable adieu :

le vous supply, ciel, air, vents, monts et plaines,

Taillis, forêts, rivages et fontaines,

Antres, prés, fleurs, dites-le-luy pour moy.

Les poètes grecs abondent en appels désespérés à la nature. La poésie moderne, plus émue, plus expansive encore, en offre de touchants exemples. Yoy. le Lac de Lamartine et la Solitude d’Alfred de Musset.

V. 16. C’est un souvenir d'Ariane gémissant sur le rivage de N'axos et suivant des yeux le vaisseau qui emporte son amant. Catulle, LXIV, 117 :

Ul linquens genitoris filia vultum,

lit consanguineæ complexum, ut denique malris,

Quæ misera in gnata flevit deperdita, læta Omnibus his Thesei dulcem praioplarit araorem?

ÉLÉGIES

Aux regards des humains n’osa lever les yeux.

Oh ! soit que l’astre pur des deux frères d’Hélène

Calme sous ton vaisseau la vague ionienne ; *:o

Soit qu’aux bords de Pæstum, sous ta soigneuse main.

Les roses deux fois l’an couronnent ton jardin ;

Au coucher du soleil, si ton âme attendrie Tombe en une muette et molle rêverie,

Alors, mon Clinias, appelle, appelle-moi. 25

Je viendrai, Clinias; je volerai vers toi.

Mon âme vagabonde, à travers le feuillage,

Frémira ; sur les vents ou sur quelque nuage Tu la verras descendre, ou du sein de la mer.

S’élevant comme un songe, étinceler dans l’air, 50

Et îua voix, toujours tendre et doucement plaintive,

Caresser en fuyant ton oreille attentive. »

V. 19. Castor et Pollux, fils de Jupiter et de Ldda, propices aux navigateurs; voy. Homère, Hym.,XX III, aux Dioscures. Ce vers est imité d'Horace, (kl., I, ni :

Sie fratres lleleuæ, lucida sidéra.

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