‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 122 sur 496 · VIII. — Voy. Sainte-Beuve, Portr. lift., I · texte numérisé non relu

VIII. — Voy. Sainte-Beuve, Portr. lift., I

V. 1-4. Comme nous l’a fait remarquer 11. Léo Joubert, ces vers sont la traduction d’une de ces chansons appelées Locriennes, si répandues dans l'antiquité, qui célébraient l’amour et souvent l'adultère. Voici le fragment conservé par Athénée, XV, p. (197, C :

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V. 7-8. Tel est le portrait que Théocrite, Idyl., XIV, 3, trace d’un pythagoricien.

ÉLÉGIES

Pieds nus, la barbe noire, un sectateur zélé Du muet de Samos qu’admire Métaponte,

Dit : « Locriens perdus, n’avez-vous pas de honte ?

Des mœurs saintes jadis furent votre trésor ;

Vos vierges, aujourd'hui riches de pourpre et d’or.

Ouvrent leur jeune bouche à des chants adultères.

Hélas ! qu’avez-vous fait des maximes austères De ce berger sacré que Minerve autrefois Daignait former en songe à vous donner des lois ? »

Disant ces mots, il sort... Elle était interdite;

Son œil noir s’est mouillé d’une larme subite;

Nous l’avons consolée, et ses ris ingénus,

Ses chansons, sa gaîté, sont bientôt revenus.

Un jeune Thurien, aussi beau qu’elle est belle (Sou nom m’est inconnu) , sortit presque avec elle :

Je crois qu’il la suivit et lui fit oublier Le grave Pythagore et son grave écolier.

V. 9. Pyfhagore est né à Samos (Jamblique, Pyth., II) ; selon d'autres, à Phliase, à Métaponte ^Porphyre, Pyth. init .) ; on sait qu’il imposait le silence à ses disciples, ou mieux des jeûnes de parole (Jamhlique, Pyth., XVII). A Métaponte, où il mourut, les citoyens avaient pour lui une telle admiration, qu’ils voulaient appliquer à ia direction de leurs affaires publiques ses préceptes philosophiques (Jambl., XXXV). — Voy. Apulée, Flor., XV ; Valère Maxime, VIII, vu.

V. 13. Construction latine ; voyez les vers de Virgile cités dans une note de l'Aveugle, ilO.

V. 15. Zaleucus, berger, pythagoricien, fit croire aux l.ocriens que Minerve, lui ayant apparu en songe, lui avait dicté des lois. Voy. Jambl., Pyth., XXXVI et passim; Plutarque, Comment on peut se louer...; Schol. Pindar. Olymp., X, 17 ; Clément d’Alex., Strom., T, p. 258, A. — Zaleucus avait beaucoup voyagé ; il avait étudié les lois de la Crète, de la Laconie, de l’Altique (Strabon, VI, i, 8). Il avait établi des lois très-sévères contre l’intempérance (Athénée, X, vu, p. 429, A) et contre le luxe (Oiodorc, XXII, xx).

V. 21. Sur la ville de Thurium et sur ses lois indulgentes pour la femme qui quitte son mari, voy. Diodore, XII.

Bel astre de Vénus, de son front délicat Puisque Diane encor voile le doux éclat,

Jusques à ce tilleul, au pied de la colline,

Prèle à mes pas secrets ta lumière divine.

Je ne vais point tenter de nocturnes larcins, 5

Ni tendre aux voyageurs des pièges assassins.

J’aime : je vais trouver des ardeurs mutuelles,

Une nymphe adorée, et belle entre les belles,

Comme, parmi les feux que Diane conduit,

Brillent tes feux si purs, ornement de la nuit. 10

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