‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 131 sur 496 · I.E BERGER · texte numérisé non relu

I.E BERGER

Et moi, je le maudis, cet instant douloureux Qui me donna le jour pour être malheureux ;

Pour agir quand un autre exige, veut, ordonne ;

Pour n’avoir rien à moi, pour ne plaire à personne ; na Pour endurer la faim, quand ma peine et mon deuil Engraissent d’un tyran l’insolence et l’orgueil.

LE CHEVRIER

Berger infortuné ! ta plaintive détresse

De ton cœur dans le mien fait passer la tristesse.

Vois cette chèvre mère et ces chevreaux, tous deux 14s

Aussi blancs que le lait qu’elle garde pour eux ;

Qu’ils aillent avec toi, je te les abandonne.

Adieu. Puisse du moins ce peu que je te donne De ta triste mémoire effacer tes malheurs.

Et, soigné par tes mains, distraire tes douleurs! ivt

LE BERGER

Oui, donne et sois maudit; car si j’étais plus sage,

Ces dons sont pour mon cœur d’un sinistre présage.

le» vers de Virgile, Égl., III, 52, imités de ce passage de Théorrite :

lie grege non ausim quidquam deponere teouin :

Est milii namque demi pater, et injusta noverra;

Bisque die numerant amlio pénis, aller et hawk».

IDYLLES

Do mon despote avare ils choqueront les yeux.

Il ne croit pas qu’on donne : il est fourbe, envieux ;

Il dira que chez lui j’ai volé le salaire I3.'i

Dont j’aurai pu payer les chevreaux et la mère,

Et, d’un si beau prétexte ardent à se servir,

C’est à moi que lui-même il viendra les ravir.

Commencé le vendredi au soir 16(1) et fini le dimanche au soir 18 mars 1787.

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