DAPHNIS, NAIS
mPHNis.
Hélène daigna suivre un berger ravisseur; Berger comme Paris, j’embrasse mon Hélène.
«AÏS.
C’est trop t’enorgueillir d’une faveur si vaine.
1) 16 et 18 mars et non pas 10 et 12. Le 10 mars 1787 é'ait un samedi, non un vendredi, et le 12 était un lundi.
II. — Imité de Théocritc, Idylles, XXVII. LOaristys est une idylle en forme de dialogue, une conversation familière [oapiirv;) entre un jeune homme et une jeune fille. Voy. l’imitation de Le Brun. Dans presque toutes les éditions de Théocrite, cette idylle a pour titre : ’Oxpitzvt Aàpico,- *ai xop>îî; l’édition de Florence, et, d'après elle, trois éditeurs, donnent : Oiptrrù; M<pvioo; xai Nr,tio;. Et Brunch, dont André suit le texte, remarque, Anal., lect., III, p. 86, que rien n’empéehe que le nom de la jeune fille soit Nais ; mais ce qui a surtout engagé André à nommer ainsi la jeune fille, c'est le passage suivant de Théocrite. Id., VIII, 92:
K.^x toûtw Aifvtf irapà npZ toj îyjvra,
x«i viptpav, Æxpujêo? swv trt, Naf5a yS/utv.
POÉSIES ASTIQUES.
DAPHNIS
Ali ! ces baisers si vains ne sont pas sans douceur.
[maïs.
Tiens, ma bouche essuyée en a perdu la trace. -,
DAPHNIS
Eh bien ! d’autres baisers en vont prendre la place.
NAÏS
Adresse ailleurs ces vœux dont l’ardeur me poursuit :
Va, respecte une vierge.
DAPHNIS
Imprudente bergère,
Ta jeunesse te flatte ; ah ! n’en sois pas si fière :
Comme un songe insensible elle s’évanouit. 10
NAÏS
Chaque âge a ses honneurs, et la saison dernière Aux fleurs de l’oranger fait succéder son fruit.
DAPHNIS
Viens sous ces oliviers ; j’ai beaucoup à te dire.
NAÏS
Non ; déjà tes discours ont voulu me tenter.
DAPHNIS
Suis-moi sous ces ormeaux; viens, de grâce, écouter 15 Les sons harmonieux que ma ilùte respire : l’ai fait pour toi des airs, je te les veux chanter ;
Déjà tout le vallon aime à les répéter.
NAÏS
Va, tes airs langoureux ne sauraient me séduire.