‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 133 sur 496 · V. 4. Ronsard, II, Amours, Voij. de Tours · texte numérisé non relu

V. 4. Ronsard, II, Amours, Voij. de Tours

Souvent un vain baiser quelque plaisir apporte.

Segrais, Égl., III :

Baiser frivole et vain et pourtant délectable.

Y. 5. André a heureusement modifié l'expression du poêle grec â-otitviw to pt/scua.

V. 9. Flatter, leurrer d'espérances, comme La Fontaine, Fab., XII, v . La jeunesse se flatte, et croit tout obtenir.

IDYLLES

DAPHNIS

F.li (|iioi ! seule à Vénus penses-tu résister.' s»

NAÏS

Je suis chère à Dian ; ; elle me favorise.

DAPHNIS

Yéiiiis a des liens qu’aucun pouvoir ne brise.

NAÏS

Diane saura bien me les faire éviter.

Berger, retiens ta main,... berger, crains ma colère.

DAI'HNIS.

Quoi! tu veux fuir l’amour! l’amour, à qui jamais 55

Le coeur d’une beauté ne pourra se soustraire ?

NAÏS

Oui, je veux le braver. Ab!... si je te suis chère...

Berger, retiens ta main,... laisse mon voile en paix.

DAPHNIS

Toi-mème, hélas ! bientôt livreras ces attraits A quelque autre berger bien moins digne de plaire. :>o

NAÏS

Beaucoup m’ont demandée, et leurs désirs confus N’obtinrent, avant toi, qu’un refus pour salaire.

Y. 21. Diane était la déesse protectrice de la virginité; elle avait obtenu de Jupiter la faveur de rester éternellement vierge. Vuy. Calliinaque, lltjm. à Diane ; Catulle, XXXIV, à Diane.

V. 24. Le Tasse, Aminle, III, i, a imité ce passage de Théocrite ;

l’aslor, non mi toccar : son di Diana :

Per me slessa saprô sciogliermi i piedi.

'miré suit ici exactement le texte de Brunck ; il est donc probable qu’il s est servi pour traduire cette idylle des Analecta, ce qui donne à cette composition une date qui n'est pas antérieure à 1782. Brunck, en effet, iliffèrc ici des éditeurs de Théocrite ou de Moschus, dont les uns intercalent entre les deux vers qu'il met dans la bouche de la jeune iille, celui-ci qu'ils attribuent à Daphnis :

A. — fj.ii npoèiiyi ràv /'Isa • xal clair i xstJos itpOXoi,

et dont les autres l’omettent ainsi que le suivant ; pi ’jugijtiç... Les ditcurs modernes les donnent ou les omettent tous deux ; voy. édit. IMnt, éd. Boissonade.

DAPHNIS

Et je np dois commp pnx attendre qu’un rpfus?

NAIS

Hélas ! l’hymen aussi n’est qu’une loi de peine ;

Il n’apporte, dit-on, qu’ennuis et que douleurs. 3S

DAPHNIS

On ne te l’a dépeint que de fausses couleurs :

Les danses et les jeux, voilà ce qu’il amène.

NAÏS

Une femme est esclave...

DArHNIS.

Ah ! plutôt elle est reine.

NAÏS

Tremble près d’un époux et n’ose lui parler.

DAPHNIS

Eh ! devant qui ton sexe est-il fait pour trembler ? 40

NAÏS

A des travaux affreux Lueine nous condamne.

DAPHNIS

11 est bien doux alors d’étve chère à Diane.

NAÏS

Quelle beauté sur\rit à ces rudes combats?

DAPHNIS

Une mère y recueille une beauté nouvelle :

Des enfants adorés feront tous tes appas ; .13

Tu brilleras en eux d’une splendeur plus belle.

V. 4t. Lueine est le nom latin de la déesse qui présidait aux accouchements, ltithyic, le nom prec. On se sert indilïércm ne t de l’un o l’autre. Horace, Carm. ftœcul., 14 :

Lenis llitliyia

Sive tu Lucxna prohas vocari,

Seu genitalis.

Catulle, XXXIV, à Diane, dit que Lueine n’est qu’un surnom que les femmes près d'accoucher donnaient à Diane. Au surplus, les poètes confondent souvent Diane avec Lueine.

IDYLLES

HAÏS

Mais, tes vœux écoutés, quel eu serait le prix ?

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