IV. — V. 1-14. Imité d’Horace, Od., II, v
Nondum subacta ferre jugurn valet Oervicn, îiondttm iniinia coinparis
IDYLLES
C’est une enfant encore ; elle fuit tes liens,
Et ses yeux innocents n’entendent pas les tiens.
Ta génisse naissante, au sein du pâturage, s
Ne cherche au bord des eaux que le saule et l’ombrage ; Sans répondre à la voix des époux mugissants,
Elle se mêle aux jeux de ses frères naissants.
Le fruit encore vert, la vigne encore acide
Tentent de ton palais l’inquiétude avide. 10
Va, l’automne bientôt succédant à des Heurs
Saura mûrir pour toi leurs mielleuses liqueurs.
Tu la verras bientôt, lascive et caressante,
Tourner vers les baisers sa tète languissante.
/Square, nec tauri ruentis In Venerem tolerare pondus.
Circa vireutes est animus tuæ Campos juvencæ, nunc fluviis gravent Solantis æstum, nunc in udo Ludere cum vitulis salicto Prægestientis. Toile cupidinem Immitis uvae : jam tibi lividos Distinguet Autumnus racemos Purpnreo varius colore.
Jam te scquelur : currit enim ferox Ælas, et illi, quos tibi dempseril, Apponet annos ; jam proterva F route petet Lalagc maritum. ..
V. 5. Cette image qu’Horace et André développent est très-fréquente chez les Grecs ; les noms de jeunes animaux s'appliquent aux jeunes garçons et auxjeunes filles, non pas seulement dans le style pastoral ou dans le style lyrique, mais encore dans le style dramatique. Dans Euripide, Hécube, 144, le chœur désigne Polyxènc par le mot Tttûio;, jeune cavale, et plus loin, v. 207, Polyxène elle-même se désigne par le mot poc/os, génisse. André suit son image jusque dans la nom de la jeune fille, Si- /i/Xtf, génisse.
V. 11. Par automne il faut entendre non pas la saison que nous appelons l’automne, mais cette partie de l’année, la fin de l’été, que les Grecs nommaient èit'Apa, mot dont ils se servaient pour désigner l'âge de la puberté, époque et âge de la maturité des fruits ; voy. Pindare, Nem., V, 11.