‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 15 sur 496 · LXXX V · texte numérisé non relu

LXXX V

littéraires, l’empêchèrent toujours de mettre son projet à exécution. Il en parla plusieurs fois à H. Boissonadc, dont l'esprit rendait si aimable l’érudition; et M. Boissonade, après une lecture d'André Chénier, l'annotant au courant de ses souvenirs, lui adressa une lettre, qui est un petit manuscrit de trente pages, et dans laquelle, avec une sympathique modestie, il se dérobait à la louange, dans ce petit mot d'envoi qui accompagnait ses notes :

«Je ne trouve plus rien; mes souvenirs sont épuisés. Acceptez, Monsieur, ces dernières pages ; si l’indication s'y rencontre de quelques passages qui, par impossible, vous auraient échappé, mettez-les en œuvre avec cet art élégant où vous êtes maître. Vous lire sera ma récompense. Ne dites rien au public, je vous en prie, de ces petits services rendus à votre charmant poète. Ce sont des misères qu'il n’a que faire de savoir. Se souvenir à propos d’un vers latin ou grec, quelquefois le rencontrer par le pur effet du hasard, y a-t-il à cela un mérite qui vaille la peine d’étre loué ? »

Parmi les articles dont Ta première édition de cet ouvrage fut l’occasion, nous citerons : un article de M. Sainte-Beuve dans le Constitutionnel du lundi 20 octobre 1862; un autre de M. Eugène Despois dans la Revue nationale du 10 novembre ; enfin celui de M. Léo Joubert dans la Revue contemporaine du 15 décembre.

En 1861, M. Gabriel de Chénier fit insérer huit lettres dans les numéros des 10, 29, 31 mars et 5, 9, 14, 21, 23 avril du journal l’Ordre et la Liberté de Caen. Elles relevaient quelques erreurs que nous avions commises sur M. Louis de Chénier surtout; nous les avons rectifiées dans cette édition, regrettant que M. de Chénier ne nous ait pas donné ces renseignements, minimes d'ailleurs, lorsque nous les lui avons jadis demandés, ce qui eut été plus profitable pour le public. Ces lettres d'ailleurs ne sont qu’une longue et amère récrimination contre M. Henri de Latouche, auquel il eût été digne à la famille de Chénier de ne jamais témoigner que des sentiments de gratitude et de reconnaissance. En tout cas, si M. de Chénier avait quelques reproches à adresser à M. de Latouche, il eût dû le faire sans fiel, en termes plus mesurés ; mais nous devons ajouter que les accusations qu’il porte contre le caractère de M. de Latouche nous paraissent complètement dénuées de fondement, attendu qu'il ne les appuie que sur des assertions invraisemblables et sur des dates mani* lestement altérées.

La même année, dans l’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 10 août, M. A. France publia quelques vers inédits d’André Chénier (voy. p. 135). Cette publication donna lieu à une lettre de M. G. de Chénier, numéro du 31 août, qui amena une réplique fort sensée de M. P. Lacroix insérée dans le numéro du 25 octobre 1865.

Dans le numéro du 7 décembre 1867 de la Revue des cours littéraires, M. Egger publia une étude sur l 'Hermès. Il avait eu les manuscrits i sa disposition et ava l enrichi sa leçon de plusieurs fragments inédits, que

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