‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 14 sur 496 · LXXX1II · texte numérisé non relu

LXXX1II

Poésies d’André Chénier, précédées d'une notice par M. H. de Intouché, suivies de notes et jugements, etc. Nouvelle édition, ornée d’un portrait d’André Chénier. Paris, Charpentier, 1839. Celte édition, qui fut clichée, et qui fournit plusieurs tirages successifs, plus complète que les précédentes, reproduisait le travail de M. de Sainte-Beuve sur l’Hermès, les fragments qu’il avait donnés, les jugements qu’avaient portes sur André les maîtres de la critique moderne. Le volume était mieux composé, les pièces mieux classées; mais on avait malheureusement rétabli presque partout le texte altéré de l'édition Robert. Pour la première fois on donnait un portrait d’André Chénier. La peinture faite par Suvéc, à Saint-Lazare*, avait appartenu d'abord à M. de Vérac, et passé ensuite aux mains de M. de Cailleux ; en 1838, elle fut gravée par M. Henriquel Dupont.

Les Œuvres en prose imprimées en 1819, chez Beaudouin, et qu'on avait jointes à l’édition de 1820, ont été définitivement imprimées séparément des poésies, chez Charles Gosselin, Paris, 1840, avec une notice historique sur le procès d'André Chénier, par le bibliophile Jacob.

Le Commentaire sur Malherbe, qui se trouvait sur un exemplaire de Malherbe, édition Barbou, 1776, et que possédait M. de La Tour, a paru en 1842 joint aux Œuvres de Malherbe; Paris, Charpentier.

L'apparition des œuvres d’André Chénier donna lieu à de nombreux articles de critique, dont les principaux sont ceux de Raynouard, Journal des Savants, 1819 ; de Népomucène Lemercicr, Revue encyclopédique, 1819; de Loyson, Lycée français, 1819.

A mesure que les éditions se succédèrent, André Chénier prit définitivement sa vraie place ; il fut classé parmi les maîtres, parmi les classiques, parmi les anciens, et, dès 1829, c'est à ce point de vue élevé que se place la critique française. On étudie André comme Racine, comme La Fontaine, et plusieurs articles sont des chapitres de l'histoire de la littérature française. Nous citerons de M. Sainte-Beuve : les Pensées de Joseph Delorme, 1829 ; Mathurin Régnier et André Chénier, août 1 829 ; Quelques Documents inédits sur André Chénier, 1" février 1839; un Factum contre André Chénier, juin 1844; André Chénier, homme politique, mai 1851. Le taoisième de ces articles était une ré]>onsc à un article de M. Fréiny, le seul détracteur qu’ait eu André, publié dans la Revue indépendante du 10 mai 1844. — De M. Gustave Planche, un article dans la Revue des Deux Mondes, du 15 juin 1838. — De M. Vil— lemain, un chapitre de l'Histoire de la littérature française au dixhuitième siècle. — De M. Saint-Marc Girardin, un chapitre intitulé ; de la Poésie pastorale au commencement du dix-neuvième siècle, dans le Cours de littérature dramatique. — De M. Gérusez, Histoire de la littérature française pendant la Révolution. — De M. Nisard, un chapitre de l'Histoire de la littérature française. — Enfin de M. Lombard,

' C'est d'après cette peinture que David (d’Angers) a fait le buste d'André tÆénier.

PREMIER APPENDICE

une brochure intitulée A. Chénier, Nancy, 1862, in-8, extrait des Mémoires de l’Académie de Stanislas. — Dans les cours publics les suffrages de M. Y. Le Clerc et de M. Patin n’ont pas manqué non plus à André Chénier.

Parmi les œuvres d'imagination, il faut mettre en première ligne le romande Stello, de M. Alired de Vigny1. Ce livre a donné lieu & une brochure de M. G. de Chénier, fils de Sauveur Chénier : la Vérité sur la famille de Chénier, Paris, 1841. Dans cette brochure, l'auteur p irait toujours craindre d’en trop dire et s’étend inutilement sur des personnages dont le nom n’appartient ni à la littérature ni à l’histoire. Pour la première fois que la famille d lignait donner elle-même quelques renseignements sur André, on devait s’attendre à plus de communications.

Un poète, M. Jules Lefèvre-Deumier, habitant la maison où André avait été arrêté à Passy, s'entourant de quelques chères reliques, a consacré de beaux vers à André dans un volume de poésies intitulé : le Parricide. Comme poétiques témoignages, nous aurions pu rassembler des vers d’Alfred de Musset, de Sainte-Beuve, d’Antony Deschamps et d’Émile Deschamps.

Mais, parmi les écrivains dont nous avons énuméré les travaux, il est juste de mettre au premier rang M. Sainte-Beuve et M. Yillemain. La critique de M. Yillemain est éloquente ; il y a, dans les pages qu’il a consacrées à André Chénier, l’émotion d’un véritable enthousiasme.

Quant à M. Sainte-Beuve, avec l’autorité d’un goût pur, éclairé, ingénieux et délicat, il s’est attaché à la jeune gloire du poète. Le premier, il a proclamé Chénier un maître, un classique, un ancien. Mais, pour connaître sa pensée tout entière sur André, il faudrait, après avoir lu les articles spéciaux qu'il lui a consacrés, parcourir tous ses travaux. André est devenu pour lui une des expressions précises de l'art, comme Théocrite, comme Virgile, comme Racine ; c’est un terme fixe auquel il rapporte, dans leurs côtés comparables, Amyot, Boileau, Racine, Fénelon, Vauvenargues, Bernardin de Saint-Pierre, Barnavc, Courier, Alfred de Musset, etc... Plus que tout autre il est allé vers le divin poète et l’a pénétré. Il a fait jaillir la lumière de quelques-uns des manuscrits en les ranimant de la pensée devinée du poète. Il caressa même le projet d’une édition qui était parfois son idylle, comme il le dit dans son article de 1839. Après en avoir esquissé les préliminaires, il ajoutait : * Mais le principal, ce qui devrait former le corps même de l’édition désirée, ce qui, par la difficulté d’exécution, la fera, je le crains, longtemps attendre, je veux dire le commentaire courant qui y serait néce-sairc, l’indication complète des diverses et multiples imitations, qui donc l’exécutera? L’érudition, le goût d’un Boissonadc, n’y seraient pas de trop, et de plus il y aurait besoin, pour animer et dorer la scholie, de tout ce jeune amour moderne que nous avons porté à André. » Mille travaux, d’incessantes préoccupations

* Pour tout dire, citons un roman de M. Méry : André Chénier; et un drame de M. Julien Dallière : André Chén’rr.

BIBLIOGRAPHIE

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