‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 162 sur 496 · MÉDÉE · texte numérisé non relu

MÉDÉE

Au sang de ses enfants, de vengeance égarée,

Une mère plongea sa main dénaturée;

Et l’amour, l’amour seul avait conduit sa main.

Mère, tu fus impie, et l’amour inhumain.

Mère! amour! qui des deux eut plus de barbarie? B L'amour fut inhumain; mère, tu fus impie.

Plut aux dieux que là Thrace aux rameurs de Jason Eût fermé le Bosphore, orageuse prison ;

Que, Minerve abjurant leur fatale entreprise,

VII. — V. 1-6. Ces vers sont fidèlement et heureusement imités de Virgile, Égl., VIII, 47 :

Sævus amor docuit gnatorum sanguine matrem Commacularc manus : crudelis tu quoque, mater;

Crudelis mater magis, an puer improhus ille?

Improbus ille puer : crudelis tu quoque, mater.

On peut reprocher quelque subtilité à cette succession d’antithèses; mais, dans une égloguc, ce défaut disparait et donne même une valeur toute poétique aux chants du berger. Dans une tragédie, ces vers n’eussent pas été à leur place ; chaque genre a des beautés diverses. Aussi c'est une imprécation qu’Euripide, dans sa Médée, 1523, met à la bouche de Jason.

V. 5. Dans Euripide, Ion, 960, Créuse, séduite par Apollon, a exposé son fils ; le vieillard qui l’interroge lui dit, énonçant avec un sens affirmatif la même pensée que nous trouvons dans Virgile dans un sens dubitatif ;

<fr*û • ri»} /«üv où rdi/Mis, 6 Si 6tàç p&XXo-j alQtv.

Page 1