III. — V. 12. Éd
Ou de jeunes rosiers le balsamique ombrage.
V. 16. Cette élégie a beaucoup de rapports avec celle dans laquelle Ovide, Am., III, i, met aussi en présence la Muse de l'élégie et la Muse de la tragédie. André, après avoir peint la seconde sous les mêmes traits que le poète latin :
Laura manus sceptrum late repaie tenehat,
trace de la première, au vers 21, un portrait qui rappelle Ovide .
Venit odoratos Elegeia nexa rapillos.
Et c’est aussi à la Muse de l’élégie qu’il accorde la préférence.
V. 2i. De tous les élégiaques latins Tibulle est certainement celui que préférait André.
ÉLÉGIES
L’Amour aime les champs, et les champs l’ont vu naître.
La fille d’un pasteur, une vierge champêtre,
Dans le fond d’une rose, un matin du printemps,
Le trouva nouveau-né 30
Le sommeil entr’ouvrait ses lèvres colorées.
Elle saisit le bout de ses ailes dorées,
L’ôta de son berceau d’une timide main.
Tout trempé de rosée, et le mit dans son sein.
Tout, mais surtout les champs sont restés son empire. 35 Là tout aime, tout plaît, tout jouit, tout soupire ;
Là de plus beaux soleils dorent l’azur des cieux;
Là les prés, les gazons, les bois harmonieux,
De mobiles ruisseaux la colline animée,
L’âme de mille (leurs dans les zéphyrs semée ; 40
Là parmi les oiseaux l’Amour vient se poser ;
Là sous les antres frais habite le baiser.
Les Muses et l’Amour ont les mêmes retraites.
L’astre qui fait aimer est l’astre des poètes.