‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 21 sur 496 · V. 5. André écrivait toujours ambrosie, comme La Fontaine · texte numérisé non relu

V. 5. André écrivait toujours ambrosie, comme La Fontaine

X CTI

LE JEU UE PAUME

La patrie, à son art indiquant nos beaux jours,

A confirmé mes antiques discours,

Quand je lui répétais que la liberté mâle Des arts est le génie heureux ;

Que nul talent n’est fils de la faveur royale ; n

Qu’un pays libre est leur terre natale.

Là, sous un soleil généreux,

Ces arts, fleurs de la vie et délices du monde,

Forts, à leur croissance livrés,

Atteignent leur grandeur féconde : 15

La palette offre lame aux regards enivrés ;

Les antres de Pat os de dieux peuplent la terre ;

L’airain coule et respire ; en portiques sacrés S’élancent le marbre et la pierre.

Toi-mème, belle vierge à la touchante voix,' 20

Nymphe ailée, aimable sirène,

Ta langue s'amollit dans le palais des rois ;

Ta hauteur se rabaisse, et d’enfantines lois Oppriment ta marche incertaine ;

Ton feu n’est que lueur, ta beauté n’est que fard. ?5

La liberté du génie et de l’art

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