‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 235 sur 496 · LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES

Qui coule avec sa voix et pénètre le cœur.

Reine aux yeux éclatants, la belle Poésie Lui sourit et trempa sa bouche d’ambrosie,

Arma ses faibles mains des fertiles pinceaux S5

Qui font vivre la toile en marqués tableaux,

Et mit dans ses regards ce feu, éette âme pure Qui sait voir la beauté, tille dé la nature.

Une lyre aux sept voix lui faisait écouter

Les sons que Pausilippe est fier de répéter.' ! 30

Et les douces Vertus et les Grâces décentes.

Les bras entrelacés, autour d’elle dansantes,

Veillaient sur son sommeil, et surent la cacher A Vénus, à l’Amour, qui brûlaient d’approcher;

Et puis au lieu de lait, pour nourrir son enfance, 33

Mêlèrent la candeur, la gaîté, l’indulgence,

La bienveillance amie au sourire ingénu,

Et le talent modeste à lui seul iuconnu,

Et la sainte fierté que nul revers n’opprime,

La paix, la conscience ignorante du crime, 40

V. 29. C’est la lyre qu'IIorace invoque, Od., III, xi : « Tcstudo, résous re septem callida nervis. » Piudare, NVm., V, 43, l'appelle 6 tTr-ray/wï-

"Oi fép/xi •/£.

V. 30. N’est-cc pas, dans la première hypothèse, le poète italien Marini, qui habitait sur le Pausilippe, à qui André ferait ici allusion? Marini, on le sait, a souvent célébré Marie de Médicis. André feindrait que la Musc ait chanté à Marie au berceau les vers que plus tard devait lui faire entendre Marini.

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