LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES
Des ponts, des aqueducs en arcades voûtés, 10
Des théâtres, des forts assis sur des collines,
Des bains, de grands palais ou de grandes ruines Gardent empreints encor d’une puissante main,
Et cette Rome auguste et le grand nom romain ;
Et d’un peuple ignorant les débiles courages, 15
Etonnés et confus de si vastes ouvrages,
Aiment mieux assurer que de ces monuments Le bras seul des démons jeta les foudements.
Je suis en Italie, en Grèce. O terres! mères des arts favorables aux vertus ! ô beaux-arts ! de ceux qui vous aiment délicieux tourments! Seul au milieu d'un cercle nombreux, tantôt
De vivantes couleurs une toile enflammée
s’offre tout à coup h mon esprit,
Et ma main veut fixer ces rapides tableaux.
Et frémit et s’élance et vole à ses pinceaux ;
Tantôt, m’éblouissant d’une clarté soudaine,
La sainte poésie et m’échauffe et m’entraîne, 5
Et ma pensée, ardente à quelque grand dessein,
En vers tumultueux bouillonne dans mon sein ;
Ou bien dans mon oreille un fils de Polymnie,