‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 264 sur 496 · V. 39. [Horace, ÊpU., !, xi · texte numérisé non relu

V. 39. [Horace, ÊpU., !, xi

Tamen illic vivere vellem,

Oblitusque meorum, obliviscendus et illls.

Cette antithèse a été souvent employée après Horace. Saint-Lambert a ce vers facile dans une élégie :

Oublié désormais d’un monde que j'oublie.

Héloïse, dans V ÉpUre de Pope, v. 207 ;

How happy is lhe blameless vestal's lot,

The world forgetting, by the World forgel.

Est-il croyable que Colardeau ait négligé ce trait? Le vers d’André Chénier en est la traduction littérale. Boissonade.J V. 43. Publius Syrus :

Annosus stultus non diu vixit, diu fuit.

Sénèque, de Brev. rit., VIII : « Non est itaquo, quod quemquam propter canos aut rugas putes diu vixisse ; non illc diu vixit, sed diu fuit. » — La Fontaine, Fnb., XII, xx, parlant des stoïciens, comme Aulu-Gelle ;

Ils fout cesser de vivre avant que l’on soit mort.

ÉLÉGIES

Tout homme a ses douleurs. Mais aux yeux de ses frères Chacun d’un front serein déguise ses misères.

Chacun ne plaint que soi. Chacun dans son ennui Envie un autre humain qui se plaint comme lui.

Nul des autres mortels ne mesure les peiues, 5

Qu’ils savent tous cacher comme il cache les siennes ;

Et chacun, l’œil en pleurs, en son cœur douloureux Se dit : « Excepté moi, tout le monde est heureux. »

Ils sont tous malheureux. Leur prière importune

Crie et demande au ciel de changer leur fortune. 10

Ils changent ; et bientôt, versant de nouveaux pleurs,

Us trouvent qu’ils n’ont fait que changer de malheurs.

Souvent le malheureux sourit parmi ses pleurs,

Et voit quelque plaisir naître au sein des douleurs.

Ainsi l’Allobroge recèle

Sur ses monts, de l’hiver la patrie éternelle,

Et les fleurs du printemps et les hiens de l’été. 5

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