LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES
A leurs yeux tout est pur comme leur âme est pure ;
Leur asile est plus beau que toute la nature.
La grotte, favorable à leurs embrassements, so
D’âge en âge est un temple honoré des amants.
0 rives du Pénée! antres, vallons, prairies,
Lieux qu’Amour a peuplés d’antiques rêveries ;
Vous, bosquets d’Anio; vous, ombrages fleuris,
Dont l’épaisseur fut chère aux nymphes du Liris ; 35
Toi surtout, ô Vaucluse! ô retraite charmante!
Oh ! que j’aille y languir aux bras de mou amante ;
De baisers, de rameaux, de guirlandes lié.
Oubliant tout le monde, et du monde oublié!
Ah ! que ceux qui, plaignant l’amoureuse souffrance, 40 N’ont connu qu’une oisive et morne indifférence,
En bonheur, en plaisir pensent m’avoir vaincu :
Ils n’ont fait qu’exister, l’amant seul a vécu.