LIVRE II. — LYCORIS
Ah ! je la vois livrée à des bras étrangers.
Elles viennent ! leurs voix, leur aspect me rassuie :
Leur chant mélodieux adoucit ma blessure;
Je me fuis, je m’oublie, et mes esprits distraits
Se plaisent à les suivre et retrouvent la paix. 20
Par vous, Muses, par vous, franchissant les collines.
Soit que j’aime l’aspect des campagnes sabines,
Soit Catile ou Falerne et leurs riches coteaux,
Ou l’air de Blandusie et l'azur de ses eaux :
Par vous de l’Anio j’admire le rivage, 25
Par vous de Tivoli le poétique ombrage,
Et de Bacchus, assis sous des autres profonds,
La nymphe et le satyre écoutant les chansons.
Par vous la rêverie errante, vagabonde,