‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 278 sur 496 · LIVRE II. - LYCORIS · texte numérisé non relu

LIVRE II. - LYCORIS

Je te vois. Si ton cœur complaisant et perfide Livre à d’autres baisers une infidèle main, 55

Je suis là. C’est moi seul dont le transport soudain,

Agitant tes rideaux ou ta porte secrète,

Par un bruit imprévu t’épouvante et t’arrête.

C’est moi, remords jaloux, qui rappelle en ton cœur

Mon nom et tes serments et ma juste fureur. 60

Mais périsse l’amant que satisfait la crainte !

Périsse la beauté qui m’aime par contrainte.

Qui voit dans ses serments une pénible loi.

Et n’a point de plaisir à me garder sa foi !

Souvent le malheureux songe à quitter la vie ;

L’espérance crédule à vivre le convie.

On trouve encore dans l' Anthologie grecque d’autres épigrammes sur le même sujet ; une entre autres, trésor peu considérable, qui ne figure pas dans \' Anthologie palatine ai que Brunck a recueillie dans ses Analecta, I, p. 158 :

E'Ot Xvp a xairç -/îvoi’/ojv èXsfxvTÎVïi, x. t. J.

Cf. Anlh., V, 83; Nonnus, Dionys, XV, 257. — Ovide, Am., II, xv, 9, souhaite d’être l’anneau qui va orner le doigt de sa maîtresse. Longus, dans son roman quelquefois prétentieux ( Daphnie et Chloé, I, xiv), n’a pas manqué de mettre ce souhait dans la bouche de Chloé, qui en cet endroit semble plus savante en amour que ne doit l'être une jeune vierge : « Eté’ ajroj ffûpr/Ç iyevôpojv, îv’ Ipitvi ' pot' sfff aej;, IV ùn’ irthoo vipupou. » Cf. Goethe, C Amoureux sous mille f oiines ; Shakespeare, Sonnet V.

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