‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 281 sur 496 · LIVRE II. — LVCORIS · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LVCORIS

Ces amis m’étaient chers ; ils aimaient ma présence.

Je ne veux qu’être seul, je les fuis, les offense,

Ou bien, en me voyant, chacun avec effroi Balance à me connaître et doute si c’est moi.

Est-ce là cet ami, compagnon de leur joie, 2:.

A de jeunes désirs comme eux toujours en proie,

Jeune amant des festins, des vers, de la beauté?

Ce front pâle et mourant, d’ennuis inquiété,

Est celui d'un vieillard appesanti par lage,

Et qui déjà d'un pied touche au fatal rivage. 30

Sans doute, Lycoris, oui, j’ai fini mon sort Quand tu ne m’aimes plus et souhaites ma mort.

Amis, oui, j’ai vécu; ma course est terminée.

Chaque heure m’est un jour, chaque jour une année;

Les amants malheureux vieillissent en un jour. 5S

V. 20. « Jeunes désirs, » expression qu’André avait dû remarquer dans Malherbe (p. t'Jt et 214).

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