‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 286 sur 496 · LIVRE II. — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CAMILLE

Les cieux sont enflammés. Vole, dis à Camille 3

Que je l’attends; qu’iei, moi, dans ce bel asile,

Je l’attends ; qu’un berceau de platanes épais,

Le même, en cette grotte, où l’autre jour au frais,

Pour nous, s’il lui souvient, l’heure ne fut point lente...

Va. Sous la grotte, ici, parmi l’herbe odorante, 10

D’où l’œil même du jour ne saurait approcher,

Et qu’égaye, en courant, l’eau, tille du rocher...

Chez toi, dans cet asile où le soir me ramène. Seul, je mourais d’attendre, et tu ne venais pas.

V. 10, « L’ail du jour. » Expression fréquente chez les poètes. Euripide, I]>h. in Taur., 194 : a 'Upôv Sp-ti’ «ùyâç. » Au vers 110 on trouve déjà : « Nu/.toj i iift. et. » Ovide, Met., IV, 228, nomme le soleil nculus minuit. Burmann remarque que Manilius, Astr., 1, 135, appelle les étoiles mundi nation. Dans Théophile ou rencontre très-souvent cette expression ; par exemple, éd. 1627, p. 102 :

Il me semble que l’œil du jour Ne me luit plus qu’avecque peine.

La Fontaine, dans le Songe de Vaux :

L'éclat de ses habits fait bonté à l’œil tlu jour.

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