‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 287 sur 496 · V. 12. Ronsard, Eurymedon et Callirie , chant · texte numérisé non relu

V. 12. Ronsard, Eurymedon et Callirie , chant

Ah ! belle Eau-Vive, ah ! fille d’un rocher.

VI. — Voy. Parnv, le Cabinet dé toilette, Poés. érot., lit, vu. L’éditeur de Parny a heureusement rapproché de ces vers ce passage de Rousseau, Nouvelle Héloïse : <t Me voici dans ton cabinet ; me voici dans le sanctuaire de tout ce. que mon coeur adore... que ce mystérieux séjour est charmant ! tout y flatte et nourrit l'ardcurqui me dévore (')... je crois entendre le son flatteur de la voix. .. Julie, je te vois, je te sens partout. »

(*) Voilà un vers élégiaque tout fait et digne d'André Chénier. Comparez ce passage de Rousseau avec les vers 3-7 de la seizième élégie du livre I".

Ces glaces, tant de fois belles de ta présence,

Ces coussins odorants, d’aromates remplis,

Sous tes membres divins tant de fois amollis ; 5

Ces franges en festons que tes mains ont touchées ;

Ces fleurs dans les cristaux par toi-même attachées ;

L’air du soir si suave à la fin d’un beau jour,

Tout embrasait mon sang : tout mon sang est amour.

Non, plus de jeux jamais, non, jamais plus d’ivresses to N’ont chatouillé ce cœur affamé de caresses.

Ah ! portons dans les bois ma triste inquiétude.

O Camille ! l’amour aime la solitude.

Ce qui n’est point Camille est un ennui pour moi.

Là, seul, celui qui t’aime est encore avec toi.

Que dis-je ? Ah ! seul et loin d’une ingrate chérie, 5

Mon cœur sait se tromper. L’espoir, la rêverie,

La belle illusion la rendent à mes feux,

Mais sensible, mais tendre, et comme je la veux :

Hé ses refus d’apprêt oubliant l’artifice,

Indulgente à l’amour, sans fierté, sans caprice, 10

De son sexe cruel n’ayant que les appas.

Je la feins quelquefois attachée à mes pas ;

Je l’égare et l’entraîne en des routes secrètes ;

Absente, je la tiens en des grottes muettes...

Mais présente, à ses pieds m’attendent les rigueurs, 15

VII. — V. 14. Ainsi dans Virgile, Ên., IV, 83, Didon séparée d'Énée • .... Ilium absens ahsentcm audilquc videtque.

Voy. même livre, Élégie, XI, 39.

V. 15. Présent, que donnent les 6d. 1819 et 1833, ne doit être qu’une faute d’impression.

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