V. 16. Éd. 1826 et
Et, pour les songes vains, de réelles douleurs.
VIII. — Voy. dans la Biographie ce qpe nous avons dit de cette clégi.', une de celles réellement adressées à madame de Bonneuil.
V. 10. La terre de’ Bonneuil, où Camille passait ordinairement l’été, était située près de la forêt de Sénart.
ÉLÉGIES
Calmer par des chansons les troubles de son cœur !
Camille, où tu n’es point, moi je n’ai pas de Muse.
Sans toi, dans ses bosquets Hélicon me refuse ;
Les cordes de la lyre ont oublié mes doigts,
Et les chœurs d’Apollon méconnaissent sa voix. 20
Ces regards purs et doux, que sur ce coin du monde Verse d’un ciel ami l’indulgence féconde,
IN’éveillent plus mes sens ni mon âme. Ces bords Ont beau de leur Cybèle étaler les trésors ;
Ces ombrages n’ont plus d’aimables rêveries, 25
Et l’ennui taciturne habite ces prairies.
Tu fis tous leurs attraits : ils fuyaient avec loi Sur le rapide char qui t’éloignait de moi.
Errant et fugitif, je demande Camille A ces antres, souvent notre commun asile ; 30
Ou je vais te cherchant dans ces murs attristés.
Sous tes lambris, jamais par moi seul habités,
Où ta harpe se tait, où la voûte sonore Fut pleine de ta voix et la répète encore;
Où tous ces souvenirs cruels et précieux 35
D’un humide nuage obscurcissent mes yeux.
Mais pleurer est amer pour une belle absente ;