‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 300 sur 496 · LIVRE II. - CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. - CAMILLE

De ses bras, de ses mains, le transparent ivoire. 60

Mais si jamais, sans voile et les cheveux épars,

Elle a rassasié ma flamme et mes regards,

Elle me fait chanter, amoureuse Ménade,

Des combats de Paphos une longue Iliade;

Et si de mes projets le vol s’est abaissé, C3

A la lyre d’Homère ils n’ont point renoncé.

Mais en la dépouillant de ses cordes guerrières.

Ma main n’a su garder que les cordes moins fières Qui chantèrent Hélène et les joyeux larcins,

Et l’heureuse Corcyre, amante des festins. 70

Mes chansons à Camille ont été séduisantes.

Heureux qui peut trouver des Muses complaisantes.

Dont la voix sollicite et mène à ses désirs Une jeune beauté qu’appelaient ses soupirs!

Hier, entre ses bras, sur sa lèvre lidèle, 7a

J’ai surpris quelques vers que j’avais faits pour elle.

V. Ci. C’est-à-dire : Elle me fait chanter une suite de combats amoureux aussi nombreux et aussi héroïques que les combats qui remplissent l’Iliade. [Les Grecs ont le proverbe iXiài /.uxü'J, et les Latins l'ont quelquefois employé. Ovide, Politiques, II, vu :

Qua tibi si memori coner perscriberc versu,

Ilia, est I al is longa futura mais.

La Fontaine, dans une lettre à l'abbé Vergier : « Vous conterez, s'il vous plaît, à la compagnie l’iliade de mes malheurs. » Boissonaiu:.] Propcree, dans les vers cités ci-dessus, multiplie encor.} la force de la pensée par le pluriel. Plutarque, Conjug. Praicep, , 21 , a employé cette même expression ainsi : « *0 Si ixtivu-J ( 'Eàiwjî UxpiSdi t' o yst/Aos' ’iXiiàx xv/üa Ejj.rjît x»; ftcipèipou ïitolr^s-j. »

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