‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 307 sur 496 · LIVRE II. — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CAMILLE

Que des verres plus grands dans nos mains se remplissent. Pourquoi vois-je languir ces vins abandonnés, 25

Sous le liège tenace encore emprisonnés?

Voyons si ce premier, fils de l’Andalousie,

Vaudra ceux dont Madère a formé l’ambrosie.

Ou ceux dont la Garonne enrichit ses coteaux,

Ou la vigne foulée aux pressoirs de Citeaux. "0

.Non, rien n'est plus heureux que le mortel tranquille Qui, cher à ses amis, à l’amour indocile.

Parmi les entretiens, les jeux et les banquets,

Laisse couler la vie et n’y pense jamais.

Ah ! qu’un front et qu’une âme à la tristesse en proie 55 Feignent malaisément et le rire et la joie!

.le ne sais, mais partout je l’entends, je la voi ;

Son fantôme attrayant est partout devant moi;

Son nom, sa voix absente errent dans mon oreille :

V. 2i. André semble avoir enchâssé dans ces vers une épigramme de de Rulin, Anlh., V, 12 :

Aou<r:</*evoi( UpoSixv), xvxxxüjueOx, xxl r ôv xxpxTOv IXxco/xsv, xoitxct; utt’Çovsc; alpd/tcvsi.

B ato; b ^aqjovv&iv è<rr!v piaf «Ira rx Xotxi ■/f, pxç xu/vvet, xai to t ij.o; Oxvx to;.

Les vers 22, 24, 51 à 34 reproduisent heureusement les différents traits de l'épigramme.

Page 1