‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 331 sur 496 · LIVRE II. — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CAMILLE

Seul, c’est moi qui serai partout, à tout moment,

Son esclave fidèle et son fidèle amant. »

Tels étaient mes projets qu’insensés et volages Le vent a dissipés parmi de vains nuages!

Ah ! quand d’un long espoir on flatta ses désirs, 35

On n’y renonce point sans peine et sans soupirs.

Que de fois je t’ai dit : « Garde d’être inconstante.

Le monde entier déteste une parjure amante.

Fais-moi plutôt gémir sous des glaives sanglants,

Avec le feu plutôt déchire-moi les flancs. » 40

O honte ! à deux genoux, j’exprimais ces alarmes;

J’allais couvrant tes pieds de baisers et de larmes.

Tu me priais alors de cesser de pleurer ;

En foule tes serments’ venaient me rassurer.

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